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Il ne faut jurer... de rien!
Mise à jour le samedi 27 janvier 2007
Par: Sabin Desmeules
France. Réalisé par Éric Civanyan. Avec Jean Dujardin, Gérard, Jugnot, Mélanie Doutey, Marie-France Santon...Cette sympathique adaptation d'une pièce d'Alfred de Musset vient d'assaillir les écrans avec son sujet vieux comme le monde: l'amour. Mais l'intérêt d'Il ne faut jurer... de rien! réside dans la savoureuse confrontation entre Jean Dujardin et Gérard Jugnot. Nous sommes à Paris, en 1830, en pleine révolution. Valentin (Jean Dujardin) s'endette en vivotant dans un monde fabriqué d'alcool, de jeu et de femmes. Il ne croit pas en la vie et surtout pas en l'amour. Son oncle, Van Buck (Gérard Jugnot), lui, ne croit qu'aux vertus de l'argent et du commerce. Tout les sépare. Jusqu'au jour où Van Buck, pour améliorer son image de marque, a l'idée de faire épouser à Valentin une jeune baronne (Mélanie Doutey) désargentée du nom de Cécile. Le neveu, qui n'a absolument aucune envie de se marier, parie qu'il peut aisément la séduire en 24 heures et donc prouver qu'elle, comme toutes les autres, ne vaut pas la peine d'être aimée. Cécile, qui croit au véritable amour, s'avère beaucoup plus coriace à éblouir que prévu et Valentin doit user de tous les stratagèmes possibles pour espérer gagner son pari. On se croirait dans Les liaisons dangereuses puisqu'on se retrouve en plein complot amoureux. Et une tentative de séduction ratée fait rebondir une action inattendue et ainsi de suite. L'esprit "de Musset" a été conservé ainsi que la finesse de certaines répliques. On n'est pas dans une comédie de série B, même si rien n'est réinventé. On revisite un classique de belle façon. Et avec une brochette de talents. À commencer par Jean Dujardin qui nous fait croire à son côté manipulateur. Gérard Jugnot offre la pleine mesure du talent qu'on lui connaît. Marie-France Santon, elle, est délicieuse dans le rôle d'une vieille baronne déchue. Sans verser dans la caricature, elle sait se faire expressive et user de faciès tordants. C'est avant tout pour eux qu'on aime le film. Il faut dire que la réalisation d'Éric Civanyan (Tout baigne) est dynamique. Il fait ressortir les questionnements amoureux de l'oeuvre: "Faut-il envisager l'amour sur une vie entière ou sur une durée plus courte? Est-ce que l'amour est la réponse à la vie? Est-ce que la vie, c'est la frivolité, le plaisir immédiat ou est-ce qu'il faut construire des choses à plus long terme?" Si le film n'y répond pas, il lance les interrogations, en tout cas.Alors pour ceux que l'amour intéresse... ***
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