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Il n'est pas trop tard
Mise à jour le mardi 30 janvier 2007
Par: Gaétan Chiasson
Réchauffement de la planète. Fonte de la calotte glaciaire. Pollution. Smog. Disparition d'espèces animales. Inondations, tempêtes et autres calamités. L'environnement se porte au plus mal et chaque nouvelle journée apporte son lot de mauvaises nouvelles et de pronostics apocalyptiques. Un sondage publié la semaine dernière a révélé que l'environnement est le sujet qui préoccupe le plus les Canadiens (26 %), devançant pour la première fois la santé (18 %). Il nous aura fallu, encore une fois, constater de visu les résultats de nos abus avant de prendre conscience de l'ampleur de la situation. Mais bon. L'important, maintenant, c'est que les temps changent. Les politiciens doivent faire de l'environnement leur priorité. Stephen Harper s'en est vite aperçu. Il a dû rajuster le tir et changer de ministre. Depuis, il a annoncé la création de plusieurs programmes comme ceux dont il avait annulé le financement l'année dernière. On ne rigole pas avec l'environnement. Le temps nous dira s'il a vraiment appris sa leçon.Le Canada, l'un des plus gros pollueurs de la planète, tarde à respecter les objectifs du protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre. Il les trouve trop contraignants. Il a plutôt fixé ses propres objectifs, étalés sur 50 ans.Mais d'ici là, la production d'énergie renouvelable viendra peut-être modifier son agenda. Il y a deux semaines, M. Harper a annoncé l'octroi de 1,5 milliard $ au cours des 10 prochaines années pour la production d'énergie verte. En 2006, la puissance installée d'énergie éolienne au pays était de 1341 mégawatts, soit près du double de l'année précédente. C'est une capacité suffisante pour satisfaire les besoins en électricité de quelque 406 000 résidences. Le Canada met les bouchées doubles, mais a encore des croûtes à manger pour rattraper ceux qui ont compris le message avant lui. Au Danemark, un meneur dans ce secteur, l'électricité produite par les éoliennes représente environ 18,5 % des besoins nationaux et l'on prévoit que ce chiffre augmentera à 50 % d'ici 2030. Pour que le Canada puisse arriver à rétrécir cet écart, il faut que les gouvernements fédéral et provinciaux continuent à travailler en étroite collaboration. Cela se fait déjà. L'an dernier, de nouveaux projets éoliens ont commencé à produire de l'énergie en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, en Nouvelle-Écosse, au Québec et à l'Île-du-Prince-Édouard. D'ailleurs, l'Ontario (413 MW), l'Alberta (384 MW), le Québec (212 MW) et la Saskatchewan (171 MW) sont les endroits au pays qui peuvent produire le plus d'énergie éolienne. Le Nouveau-Brunswick? Dans la cave du classement. Le premier parc éolien de la province entrera en production l'an prochain à Kent Hills, dans le sud de la province. Il produira 75 MW d'électricité, assez pour alimenter 13 600 maisons. Le gouvernement veut augmenter sa capacité de production à 200 MW d'ici 2009 et à 400 MW d'ici 2016. Si cela se produit, nous aurons fait du progrès. Mais nous serons probablement encore dans la dernière portion du classement. Si le ministre de l'Énergie, Jack Keir, est sérieux lorsqu'il affirme que lui et son chef Shawn Graham sont convaincus du potentiel de l'énergie renouvelable, il doit mettre en place une politique d'encadrement plus précise et émettre des directives plus agressives. Il doit revoir à la hausse ses objectifs. Même s'il a pris du retard, le Nouveau-Brunswick peut devenir un chef de file dans ce secteur. Le potentiel est là. Nous sommes balayés par le vent à longueur d'année. Nous avons des experts. La technologie se simplifie et les coûts de production diminuent. Il suffirait d'une volonté politique. Frank McKenna a voulu faire du Nouveau-Brunswick un leader dans le domaine de l'autoroute électronique dans les années 1990. Il a pris les moyens pour y arriver. Il a même créé un ministère de l'autoroute électronique. À quand un ministre de l'énergie renouvelable? Et pour ceux qui ne veulent pas d'éoliennes dans leur voisinage, dites-vous qu'il y a pire. Cela pourrait être une raffinerie. Ou une centrale nucléaire. gaetan.chiasson@acadienouvelle.com
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