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La vie fictive d'un adolescent autiste
Mise à jour le samedi 11 octobre 2008
Par: Lacroix, Isabelle
Gabriel est autiste. Il est un adolescent agréable, mais il bouge et agit différemment des autres jeunes de son âge. Les luttes de ses parents sont innombrables, tant au niveau de la médecine que du système scolaire, ils comprennent mal leur fils. La Bécassine de Wilson, d'Elisabeth Motsch, raconte de façon fictive ce qui ressemble à une histoire vraie.Les premières années de la vie de Gabriel se sont déroulées sans histoires. Personne n'a vu de signes de son trouble avant son entrée à l'école. Il y avait ces balancements, peu après sa naissance et aussi dans le ventre de sa mère, mais à l'époque, personne ne connaissait l'autisme. Les problèmes ont véritablement commencé à la maternelle. L'enfant voulait faire les choses à sa façon. Au fil de sa scola-rité, il a dû rencontrer plusieurs psychologues. Les années ont passé et les parents ne savaient toujours pas de quoi souffrait leur fils. Ils ont finalement trouvé des sites Internet sur l'autisme et le syndrome d'Asperger qui leur ont permis de comprendre les comportements de leur enfant. La force de La Bécassine de Wilson réside dans la finesse de l'écriture. Les descriptions tout en délicatesse du personnage de Gabriel invitent à mieux connaître l'autisme. L'adolescent a des capacités immenses à reproduire ce qu'il voit sans toutefois comprendre les abstractions. Il est observateur et il retient tout ce qu'il apprend. Il est franc aussi, même lorsqu'il aurait avantage à se taire. Il se balance, il parle longuement des sujets qui l'intéressent et il pose des questions sans rapport avec les discussions auxquelles il participe. Malgré ses 15 ans, il ne semble pas en crise d'adolescence. Différent des autres, il a du mal à se faire des amis.Plusieurs personnages gravitent autour de Gabriel: ses parents, toujours amoureux malgré les années et les épreuves traversées, Friedrich, l'ami de la famille, le vieux Louis, un homme suicidaire, Héloïse, toujours amoureuse du père de ses enfants, reparti chez lui en Chine. Chacun vit sa part de misère, même ceux qui semblent les plus heureux. Avec les nombreux retours en arrière, certains éléments sont parfois difficiles à comprendre. Aussi, la fin est quelque peu décevante. Rien ne change vraiment au village. Les personnages poursuivent leurs luttes malgré les problèmes qui les assaillent. Ce qui demeure, ce sont ces petits bonheurs que chacun vit: un moment de solitude dans un jardin à écouter de la musique, une marche sur une route de campagne à la fin de l'été, des paroles échangées avec un vieil homme, bref, ces instants qui font oublier les problèmes du quotidien. La Bécassine de Wilson Elisabeth Motsch Actes Sud, 2008, 117 p.
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