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Prêtre par l’imposition des mains!
Mise à jour le samedi 11 octobre 2008
Par: Comeau, Serge
- Depuis hier, l’Église de Bathurst compte un prêtre de plus pour assurer sa mission auprès du peuple qui lui est confié. Le diacre Claude Benoit est devenu prêtre par l’imposition des mains de Mgr Valéry Vienneau. L’ordination a eu lieu en l’église de Rivière-du-Portage.Parmi tous les gestes qui ont été posés lors de la cérémonie, c’est celui de l’imposition des mains, accompagné de la prière consécratoire d’ordination qui demeure essentiel. L’impact essentiel de ce geste est de transformer l’être et de modifier son rapport à la communauté. Après ce geste essentiel, la remise des insignes (calice et patène) et des vêtements sacerdotaux viennent confirmer visuellement le nouveau statut. L’imposition des mainsJe suis toujours ému de participer à ce geste de l’imposition des mains. Lors de la cérémonie, c’est en premier l’évêque qui a imposé les mains à l’ordinant. L’évêque, comme successeurs des apôtres, relie chaque prêtre au Collège des apôtres en le faisant participer à sa charge. Par ce geste, l’évêque associe donc le nouvel ordonné à sa mission d’annoncer le Règne de Dieu, de gouverner le peuple de Dieu et de participer à l’unique sacerdoce du Christ. Mais il y a plus. Lors de l’ordination presbytérale (contrairement à l’ordination diaconale), tous les prêtres présents imposent les mains au nouvel ordonné. Ce geste manifeste que l’ordonné est agrégé à un presbyterium. Ceci n’est pas le cas du diacre qui demeure toujours lié plus étroitement au service de l’évêque comme collaborateur. La prière consécratoire Le geste de l’imposition des mains est accompagné de la longue prière consécratoire. Cette semaine, j’ai relu et récité la prière d’ordination pour me rendre compte de sa richesse. C’est ce que je partage avec vous ce matin puisqu’elle fonde le ministère de ceux qui sont aux commandes de vos communautés chrétiennes. Cette prière déploie le sens de l’imposition des mains. Cette prière consécratoire condense l’être et le ministère presbytéral. Elle présente les trois fonctions du prêtre qui sont depuis les origines de l’Église: l’annonce de l’Évangile, la charge de la communauté, la célébration des sacrements. Si, à la suite du Concile de Trente, l’accent était mis sur la fonction sacerdotale (ministre des sacrements), depuis le Concile Vatican II les fonctions du prêtre ont été équilibrées. La Constitution Lumen Gentium présente le prêtre comme témoin de la Parole, ministre des sacrements et enfin comme pasteur. Le prêtre agit au nom du Christ (in persona Christi) et il le représente. Il se situe à la fois dans l’Église et en face d’elle. La prière d’ordination présente ces trois ministères du prêtre. Dans la première partie de la prière d’ordination, nous avons une anamnèse des actions de Dieu (relatées dans l’Ancien et le Nouveau Testament) et la seconde partie est constituée d’une épiclèse et d’intercessions qui évoquent les fonctions du ministère. Dans l’anamnèse, nous évoquons les figures de Moïse, d’Aaron et des Apôtres qui font référence aux fonctions de gouvernement (depuis toujours, Moïse est associé au gouvernement du peuple), de sacerdoce (dont Aaron est l’exemple par excellence) et de pasteurs (rôle tenu par les Apôtres). Notre souhait pour M. Benoit s’inscrit dans les demandes faites à Dieu dans la prière: que ce nouveau prêtre soit un pasteur au coeur de feu, selon le coeur de Dieu. La prière consécratoire, avec le noble geste de l’imposition des mains, permet à l’Église de se rattacher à une belle histoire de succession apostolique. Cette communion avec les générations qui nous ont précédés invite aussi à l’audace et au courage déployés au cours des âges pour l’annonce de l’Évangile. L’Église peut se réjouir du don que Dieu lui fait en lui donnant les prêtres dont elle a besoin. Une belle occasion pour dire merci en ce congé de l’Action de grâce. Quelques événements de la semaine Feuilleté le livre-souvenir du Congrès eucharistique international de Québec. On y retrouve de belles photos de l’ordination de douze nouveaux prêtres. Cet événement fut pour moi un moment fort du Congrès eucharistique. J’entends encore le silence de la foule pendant l’imposition des mains et son enthousiasme pendant la vêture des ordonnés par leurs parents. Étonné encore une fois de la similarité des défis de l’Église à différentes époques. En lisant le livre de Serge Gagnon, Quand le Québec manquait de prêtres: la charge pastorale au Bas-Canada (Lévis: Les Presses de l’Université Laval, 2006), je me suis rendu compte qu’à chaque fois qu’il manque de prêtres, c’est la proclamation de la parole qui est négligée. Déjà, au XIXe siècle, Mgr Plessis déplore cet état: "pourquoi administrer des rites s’ils ne sont pas compris?" Rencontré le supérieur du Grand Séminaire de Québec et de quelques membres de l’équipe de formation. Ils étaient présents à l’ordination puisqu’ils ont été les formateurs de Claude lors de ses années de préparation. Revu des paroissiens de l’unité pastorale de Beresford-Robertville et de Marie-de-l’Assomption de Campbellton. Ils étaient aussi nombreux à la cérémonie de l’ordination puisqu’ils ont accompagné Claude lors de ses stages. Appris des gens de Néguac que Claude a aussi oeuvré dans le monde de l’éducation ici avant d’entreprendre son cheminement vocationnel. Comme plusieurs séminaristes de nos jours, Claude est entré au Grand Séminaire avec une expérience de travail importante. Qu’il soit remercié pour son "oui" et qu’il soit accueilli comme un frère dans notre presbyterium.
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