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Un système mondial en déroute
Mise à jour le samedi 11 octobre 2008
DIEPPE - La crise économique qui sévit aux États-Unis est totalement différente des crises périodiques qui ont affligé les marchés financiers au cours des dernières décennies, estime le PDG d'Assomption Vie, Denis Losier. Cette fois, il s'agit d'une tempête financière qui menace la stabilité même du système au niveau mondial."C'est une crise différente des autres parce que ça a commencé dans l'immobilier pour se répandre au système financier en général. Il y a déjà eu des "bulles" de l'immobilier ou de la technologie, mais cette fois-ci c'est une crise de confiance. C'est bien différent de ce qui s'est passé en 1987 ou en 1991 ou en 1998. C'est le système mondial qui est en déroute", estime M. Losier. "Si vous déposez de l'argent ou que vous achetez un certificat d'une banque aux États-Unis, vous allez vouloir être remboursé dans quelques mois. Mais là, ça commence à être difficile. Lorsqu'on retire la confiance des investisseurs (à avoir un retour sur leurs investissements), tout le système peut s'écrouler", ajoute-t-il.Pour le moment, personne dans le milieu de la finance ne veut s'avancer à prédire quand les marchés vont se stabiliser. Une chose est certaine, les actions prises par le gouvernement américain au cours des deux dernières semaines, ainsi que l'annonce faite par le ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, hier, ne peuvent pas nuire. Le gouvernement conservateur prévoit injecter 25 milliards dans le marché bancaire et hypothécaire. "J'ai l'impression que ça va prendre un peu de temps avant que la confiance revienne, croit Denis Losier. Les actions qui ont été entreprises par la réserve américaine d'injecter de la liquidité pour absorber les mauvaises créances des banques, ça devait arriver. Hier (mercredi), on a baissé les taux d'intérêt et c'est une autre action qui à mon avis va faciliter le crédit", dit-il. "Ces actions devraient permettre au système de se rebâtir, mais la psychologie est très importante. Si les gens n'ont toujours pas confiance, ça ne va pas régler le problème", d'ajouter le PDG d'Assomption Vie. Pas de panique Le vice-président de Placement Louisbourg et gestionnaire de portefeuille, Mathieu Roy, estime que la patience est de mise pour les investisseurs en ces temps difficiles. En fait, ceux qui paniquent et se débarrassent de leurs avoirs sont ceux qui perdront de l'argent au bout du compte. "On ne sait pas quand les bourses vont repartir à la hausse. Mais si on vend aujourd'hui dans l'idée de mieux dormir, on finit par vendre au plus bas. Ce n'est pas une très bonne idée de vendre dans le moment", soutient-il. Actuellement, ce sont surtout les gens qui sont à la retraite ou qui vont y arriver prochainement qui subissent les contrecoups de la crise financière. "Dans une situation comme celle-là, il faut avoir une balance dans les placements. Pour quelqu'un qui est à la retraite ou qui y arrive, il faut un équilibre entre les placements à risque et ceux à revenu garanti pour diminuer l'impact. Pour les clients plus jeunes et qui ont 20 ou 30 ans à travailler, c'est plus approprié d'avoir un portefeuille plus à risque parce que les marchés vont rebondir à un moment donné et ils pourront récupérer leurs investissements", explique Mathieu Roy. En revanche, le contexte actuel est excellent pour ceux qui veulent investir. "J'encourage les gens à le faire, en effet. On peut faire des achats très intéressants actuellement. En plus, on a l'embarras du choix." - PhR
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