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De rêves et d'espoir
Mise à jour le samedi 19 juillet 2008
Par: David Lonergan
La littérature pour la jeunesse est souvent l'occasion de promouvoir des valeurs d'entraide et de valorisation de la personne. Elle est aussi l'occasion de souligner que rien n'est impossible à qui le désire vraiment.

Évidemment, ces valeurs et ces désirs sont ceux que nous souhaitons voir partager par toute la société: après tout, qui n'espère pas que ce monde en soit un de partage, d'amitié et de réalisation personnelle et collective?

Dans Daphné et le karaté (Bouton d'or, 2008), Micheline Lanthier raconte comment Daphné, une enfant d'une dizaine d'années, réussit à vaincre sa timidité, son absence de confiance en elle et sa peur, elle qui est victime du taxage de "Maxime la terreur".

Dans la première partie du roman, on découvre Daphné, "la fille invisible", comme elle se définit elle-même, incapable de se faire des amis, d'imposer sa volonté, victime idéale pour le méchant Maxime et sa bande. Elle est seule, elle n'a pas de passion, d'activité sociale: sa vie est vide, mais elle a conscience qu'elle "ne fait rien".

Sa mère lui propose alors de s'inscrire à l'une des activités offertes par la ville. Sur un coup de tête, elle choisit le karaté. Elle y trouvera plaisir et épanouissement: elle vaincra sa timidité, elle excelle et elle fera face à Maxime. Plus jamais elle ne sera "invisible", plus jamais elle ne sera victime.

Écrit à la première personne d'une plume toute simple, ce roman s'adresse aux enfants de 8 à 10 ans. Les personnages sont bien campés, et tout ce qui entoure le karaté est non seulement très clairement présenté, mais donne le goût de pratiquer cet art martial. Et puis, Daphné est une petite fille très attachante.

* * *

Sonia, elle, rêve de chevaux du haut de ses 9 ans. Elle en désire un plus que tout au monde. Si j'avais un poney, premier roman (et unique ouvrage publié pour l'instant) de la série Crinière au vent (Hurtubise HMH, 2007) écrite par Katia Canciani, raconte comment Sonia en vient à devenir "gardienne de chevaux" malgré elle.

Derrière chez elle, il y a un grand pré clôturé avec une vieille écurie abandonnée. Un matin, elle y découvre un poney. Aussitôt, elle va à sa rencontre. Bientôt, s'ajoutent deux percherons, puis un falabella. Et enfin, sept mustangs. Bien sûr, tous avec nourriture et outils de nettoyage, mais tous sans que Sonia ne comprenne ce qui se passe, ce qui ne l'embarrasse pas le moins du monde: elle a des chevaux. Elle arrache le cadenas de l'écurie, la nettoie et y installe "ses" chevaux. Elle relit "Comment s'occuper d'un cheval en vingt leçons" et la voilà palefrenière malgré elle, mais à son plus grand plaisir.

Elle finira (et nous aussi) par découvrir pourquoi ces chevaux lui ont été confiés: son frère aîné, Éric, a placé une annonce classée sur le site Internet de la Fédération équestre indiquant qu'une "jeune fille passionnée des chevaux s'occuperait de vos chevaux en votre absence", sans doute avec l'aide du vieux monsieur qui vit au rez-de-chaussée du duplex et qui semble être le propriétaire du pré. Les propriétaires, enchantés, viennent reprendre leurs bêtes, seul demeure le poney pour une autre semaine. Le roman se termine sur une lettre confirmant la participation de Sonia à un camp équestre durant l'été, toutes dépenses payées: le thème du deuxième volume est donné.

À cette intrigue se greffent les relations familiales de cette famille monoparentale et l'amitié entre Sonia et Peg, une jeune patineuse artistique (excellente bien sûr) issue d'un milieu aisé.

Même si l'histoire est invraisemblable (on ne s'improvise pas palefrenière à 9 ans), on se laisse emporter par le charme qu'elle dégage. Après tout, les romans ont le droit de nous faire rêver. Canciani écrit d'une plume alerte et s'amuse avec les noms en particulier ceux des chevaux: par exemple Jolly et Jumper réunit donne le nom du cheval de Lucky Luke, Petit et Tonnerre celui du cheval de Yakari. Un amusant roman pour les 8 à 10 ans.

* * *

Tout autre est l'esprit du deuxième numéro des aventures en bandes dessinées du "first superhero acadien", Acadieman de Dano LeBlanc. À la fin du premier numéro, il avait décidé de trouver sa mère, ce qu'il fait. Il s'installe chez elle, il travaille toujours au "call center", et il espère toujours devenir un "superhero" (prononciation anglaise). Humour, ironie, chiac et un peu de satire sociale font de ce numéro une digne suite du précédent.

Aux aventures d'Acadieman s'ajoutent deux sections de six pages chacune. La première présente les bandes dessinées créées par des élèves de sixième année en immersion à l'école Bessborough de Moncton durant un atelier animé par Dano LeBlanc. La plupart sont construites sur six cases et toutes sont reproduites en couleurs. Exercice intéressant qui ne peut qu'encourager les jeunes à utiliser la bande dessinée comme moyen d'expression. Il aurait été toutefois souhaitable de corriger les fautes d'orthographe commises par les enfants: il est normal qu'ils en commettent (et ce n'est pas grave), mais cela ne signifie pas qu'il faille les laisser ne serait-ce que par respect pour leurs créations.

La seconde section présente cinq bandes d'une page chacune signée par des bédéistes différents qui n'est pas sans me rappeler les revues (maintenant disparues) Vallium et Satellite dans lesquelles Dano a fait ses débuts. Il y a là une piste intéressante pour développer le Acadieman comics.

gilles.duval@acadienouvelle.com

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