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La violence poussée à l'extrême
Mise à jour le samedi 19 juillet 2008
À coups redoublés, de Kenneth Cook, ne s'adresse pas aux coeurs sensibles. D'une rare violence, le roman se déroule dans un bar où des clients sans morale assouvissent leurs plus bas instincts.L'histoire débute dans un tribunal. Le procureur, l'avocat de la défense et le juge s'adressent tour à tour aux jurés qui doivent décider de la culpabilité ou de l'innocence d'un homme quant à un meurtre. Mick est gérant d'un hôtel en Australie. Sans aucun scrupule, il escroque ses clients et tire un bon profit de l'établissement. John Verdon, un homme dangereux et assoiffé de sang, y passe ses fins de semaine. Il boit samedi et dimanche, il s'arrange pour coucher avec quelques filles et il aime la bagarre. Un après-midi, une fille lui demande de payer pour ses services. Il refuse et tente même de la frapper. Plus tard, il se fait sérieusement tabasser par ses souteneurs. Il essaie d'obtenir les faveurs d'une fille de 15 ans et cherche querelle à un adolescent de 17 ans, Peter Watts. La journée tourne rapidement au tragique: un client meurt, une fille se fait violer et un gars se fait sauvagement attaquer. Pendant ce temps, le chat de Mick s'échappe, se fait frapper par une voiture et provoque un autre drame. Les faits sont dévoilés à mesure que la tension monte. Les chapitres alternent entre le tribunal et le bar, avec des incursions dans la vie de quelques personnages. Fait comique, la nourriture pour chats est certifiée sans viande de kangourou. Entre autres thèmes, l'auteur a exploré l'absence de morale, poussée à l'extrême. Des gens commettent des crimes atroces devant des spectateurs consentants. Le propriétaire de l'hôtel déverse ses égouts sur la plage, le gérant refuse d'aider les blessés et même une victime de viol. Il les jette carrément dehors. L'appât du gain le pousse aussi à vendre de la viande avariée et du mauvais alcool en quantité réduite aux clients.La violence est vraiment à son comble dans ce roman où les personnages sont tous dénués de sens moral. Ils encouragent l'escroquerie, le viol et les agressions. Même la justice est absurde. Le style est froid et descriptif et le langage parfois cru, à l'image de l'histoire, difficile à lire, surtout à la fin où la sauvagerie atteint son paroxysme. Plusieurs parties sont pénibles, dont celle de l'abattoir. Un livre coup de poing, écrit par un journaliste australien aujourd'hui décédé, qui a dû entendre parler de plus d'un fait divers. Depuis 2006, les Éditions Autrement contribuent à mieux faire connaître l'oeuvre de Kenneth Cook dans la Francophonie en publiant un titre par année. À coups redoublés Kenneth Cook Les Éditions Autrement, 2008, 110 p.
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