140 km/h dans une zone scolaire à Moncton

MONCTON – Yvon LeBlanc est brigadier. Chaque jour, il est responsable de faire traverser les élèves de la Hillcrest School, sur le boulevard St. George, à Moncton. Chaque jour, il remarque des conducteurs roulant à des vitesses affolantes sur cette artère à quatre voies. Chaque jour, il craint pour la vie des jeunes inscrits à cette école.

«J’essaie de garder les enfants en arrière de moi pour leur sécurité. S’ils me frappent, au moins ils n’auront pas fait mal aux enfants», a déclaré M. LeBlanc.

Les craintes et les observations de M. LeBlanc sont fondées. Récemment, des opérations de surveillance de la GRC ont permis de révéler que certains automobilistes circulent à 100 km/h dans la zone scolaire de la Hillcrest School. Un bénévole formé par le service policier a même mesuré, à l’aide d’un radar laser, une vitesse de 140 km/h, près de trois fois au-dessus de la limite.

La situation de la Hillcrest School, à l’intersection de la rue Parlee et du boulevard St. George, dépasse l’entendement, selon le caporal Sylvain LeBlanc, de la section de la patrouille routière du service Codiac de la GRC.

«La situation du boulevard St. George, c’est un record. Je n’ai même jamais entendu parler d’un problème aussi sérieux», a confié à l’Acadie Nouvelle le caporal LeBlanc.

La limite de vitesse sur le boulevard St. George est fixée à 50 km/h alors que durant les heures de classe, la limite de vitesse sur la rue Parlee est de 30 km/h.

Actuellement, dans le Grand Moncton, environ 80 % des conducteurs respectent les limites de vitesse dans les zones scolaires de la région.

Sylvain LeBlanc s’explique mal pourquoi la situation est différente dans le secteur scolaire de la rue St. George.

«On manque d’option. La signalisation est correcte et on a effectué des opérations de surveillance. Malgré ça, on note encore ce genre de vitesse», a déclaré le policier.

Le brigadier, Yvon LeBlanc, a travaillé à différentes intersections et à différentes écoles. Il remarque que les automobilistes roulent plus vite sur le boulevard St. George, une artère principale de la municipalité. Il constate aussi les distractions des conducteurs.

«La plupart d’entre eux ignorent la signalisation et passent la traverse pour piétons sans même porter attention. Certains d’entre eux sont au téléphone ou ne regardent simplement pas», a mentionné M. LeBlanc.

Le téléphone cellulaire est une plus grande distraction chez les conducteurs du Grand Moncton depuis l’arrivée de la loi interdisant son utilisation au volant, selon le caporal Sylvain LeBlanc. En fait, le gendarme croit que plus d’accidents sont aujourd’hui causés en raison de l’utilisation d’un téléphone. Il ne peut pas le prouver statistiquement parce que les automobilistes ne l’avoueront pas.

«Maintenant que c’est rendu illégal, les gens se cachent pour texter. Ils n’ont donc pas le téléphone devant les yeux. Ils ne regardent plus devant, ils regardent vers le bas pour ne pas qu’on les aperçoive. La situation a empiré», a avancé le caporal.

Dans une zone scolaire, de 7 h 30 à 16 h, une contravention pour vitesse excessive peut atteindre 1200 $ et occasionner la perte de cinq points d’inaptitude.