Investir NB: bilan des six premiers mois

BATHURST – Cela fait maintenant six mois que la corporation Investir NB a été mise sur pied par le gouvernement conservateur de David Alward. Chargée d’attirer davantage de capitaux étrangers dans la province, cette nouvelle entité fournit-elle les résultats escomptés?

«Jusqu’à présent, ça va extrêmement bien, et ce, même s’il s’agit d’un nouveau-né qui n’a que quelques mois d’existence», commente d’emblée Paul Robichaud, ministre du Développement économique et responsable d’Investir NB.

Il faut dire que jusqu’à présent, cinq annonces de création d’emplois ont été effectuées sous le parapluie d’Investir NB, de quoi faire sourire le ministre. La dernière en lice étant le centre d’appels de Thing5 à Bathurst.

«Nous sommes vraiment contents de la façon dont les choses progressent chez Investir NB et des retombées économiques et de la création d’emplois que cela génère. On parle tout de même ici de 500 emplois qui ont vu le jour dans différentes régions du Nouveau-Brunswick – tant rurales qu’urbaines – grâce à cette nouvelle société d’État. À nos yeux, il s’agit d’une histoire à succès et nous sommes très fiers du rôle joué par Investir NB dans l’économie de la province», indique le ministre.

M. Robichaud réfute par ailleurs promptement les allégations de certains voulant qu’Investir NB axe davantage ses efforts de démarchages et de recrutement vers le sud la province plutôt que vers le Nord. «Nous avons identifié six secteurs spécifiques et parmi ceux-ci, nous retrouvons des secteurs présents dans le Nord, comme l’agroalimentaire, la valeur ajoutée en foresterie et les technologies du savoir. On retrouve cela dans le Nord. La différence c’est qu’auparavant, il n’y avait pas suffisamment d’efforts effectués pour les encourager à venir s’installer dans le Nord», dit-il.

Est-ce que les stratégies pour développer le Nord et le Sud diffèrent? Selon Investir NB, la province est promue dans son entièreté. Il va de soi par contre que certaines régions se démarquent selon leurs atouts naturels. La présence du port de Belledune et de son potentiel au niveau de la fabrication modulaire est un bon exemple des avantages que l’on retrouve dans le Nord.

«À la fin de l’exercice, la décision définitive appartient toujours à la compagnie qui vient s’installer ici. Mais le Nord peut compter sur un atout additionnel qui est le Fonds de développements et d’innovation du Nord. Cette initiative spécifique, on ne la retrouve pas ailleurs dans la province. Les experts d’Investir NB le savent très bien, et lorsqu’ils sont à la recherche d’investisseurs ils jouent cette carte particulière au Nord. Non seulement on invite ces investisseurs à venir chez nous, mais on leur dit: en passant, regardez vers le Nord, il y a des incitatifs additionnels pour vous. Alors oui nous avons une stratégie spécifique pour le Nord et pour les régions rurales de notre province. D’ailleurs, je me suis assuré que toutes les agences de développement économique du Nouveau-Brunswick sachent très bien qu’il y a une volonté de faire du réel développement dans le Nord et que des outils existaient pour que ça se réalise», déclare le ministre.

Où voit-il Investir NB dans quelques mois? «Pour être franc, ce que nous avons réalisé jusqu’à présent, on croyait que ça allait prendre un an pour y arriver. Cela dit, il ne faut pas pour autant s’asseoir sur nos lauriers. Il faut faire toujours davantage pour créer des emplois», note ce dernier.

Divergence d’opinions
Il va de soi que la vision du gouvernement des bénéfices engendrés par Investir NB est loin d’être partagée par l’opposition officielle. Le député libéral de Dalhousie-Restigouche-Est, Donald Arseneault, est beaucoup moins enthousiaste que son homologue conservateur.

«Pour l’ensemble, je ne vois rien dans le bilan d’Investir NB qui est si merveilleux», indique le député.

«On parle de 500 emplois, mais de quoi parle-t-on au juste? Le centre d’appels de Bathurst par exemple, c’est le même centre qui vient de fermer ses portes à Neguac et Saint-Louis-de-Kent. On a donc tout simplement pris des emplois d’une communauté pour les transférer dans une autre. Combien d’emplois ont été perdus pour en créer à Bathurst? Je n’appelle pas ça de la création d’emplois», ajoute-t-il.
Le député se dit toutefois prêt à donner la chance au coureur.

«La société est jeune, six mois seulement. Mais jusqu’à présent, elle n’a rien fait d’exceptionnel qui mérite que l’on vante ses mérites. Et pour l’instant, lorsque je regarde des secteurs identifiés comme l’aérospatiale et la biomédecine, je ne vois rien d’intéressant pour le nord du Nouveau-Brunswick», dit-il.

Celui-ci revient d’ailleurs de nouveau à la charge avec sa proposition de création d’une zone franche d’impôt pour le Nord question de stimuler encore davantage les investissements. «Ce n’est qu’avec cela qu’on aura toutes les cartes en main pour nous démarquer. Ça se fait ailleurs, alors pourquoi pas ici?», questionne-t-il.