Côtoyer la mort de près

CARAQUET – Découvrir deux corps sans vie, comme cela a été le cas samedi à Caraquet, n’est jamais une affaire de routine pour les membres des services d’urgence.

Pompiers, policiers, ambulanciers font régulièrement face à des drames terribles. Parfois, un soutien psychologique s’avère nécessaire.

«Ils sont humains comme tout le monde. Ce n’est pas parce qu’ils sont policiers qu’ils peuvent fermer les yeux pour oublier ce qu’ils ont vu. C’est sûr que ça les affecte», reconnaît le sergent Jean Devost de la division J
de la GRC.

Il parle en général et non pas de ce cas (le drame de Caraquet) en particulier.

La Gendarmerie royale du Canada prévoit pour ses membres une séance de débriefing quand ils ont fait face à des incidents violents.

«L’objectif est de pouvoir parler, de discuter de ce qui s’est passé, de leurs préoccupations s’il y a certaines choses qui les ont affectés», poursuit le porte-parole par intérim de la GRC.

Si l’échange verbal ne suffit pas, les membres de la GRC peuvent avoir accès à des soins psychologiques et des changements de service peuvent aussi être proposés.

«N’importe quoi qu’on peut faire pour aider le policier à surmonter le drame, on le fait», insiste le sergent Devost.

Les policiers ne sont pas les seuls en première ligne. Les pompiers sont également obligés de côtoyer la mort de près. Lorenzo Paulin, chef pompier à Tracadie-Sheila, ne dira pas le contraire. Certaines situations sont plus difficiles à surmonter que d’autres.

L’intervention, en septembre dernier, sur l’incendie d’une maison à Canton-des-Basque, où a péri une fillette de 8 ans, les pompiers de Tracadie-Sheila ne sont pas prêts de l’oublier.

«On n’est pas des surhumains. On est des humains et ça nous affecte», assure Lorenzo Paulin qui exerce depuis 27 ans.

Dans ce cas précis, ils ont bénéficié d’un soutien psychologique dans les jours qui ont suivi le drame. Tous les pompiers qui sont intervenus sur l’incendie mortel ont participé à la rencontre avec des psychologues pendant un peu plus de deux heures.

Le chef Paulin est bien conscient que parfois les pompiers rechignent à ce genre d’exercice.

«C’est sûr qu’on ne veut pas passer pour moins dur qu’un autre. C’est un peu de l’orgueil, mais il vaut mieux s’asseoir dessus.»

Finalement, l’opération a été bénéfique, considère Lorenzo Paulin.

«Ils ont vraiment apprécié l’expérience, tous sont d’accord pour dire qu’il leur fallait ça. Cela les a soulagés, cela les a débloqués un peu.»

Des interventions similaires sont prévues pour les ambulanciers, comme l’explique l’agente des communications d’Ambulance Nouveau-Brunswick, Sophie Cormier-Lalonde.

«Ambulance Nouveau-Brunswick parraine le programme de gestion du stress en cas d’incident critique (GSIC), qui est soutenu conjointement par la Division des services de santé mentale du ministère de la Santé et le Collège des psychologues du Nouveau-Brunswick. Le programme GSIC offre une formation préincident et des services post-traumatiques aux employés d’Ambulance NB», précise-t-elle.

Des séances d’intervention sont aussi menées par des employés d’Ambulance NB pour leurs propres collègues.

Les différentes formes de soutien psychologique permettent aux membres de la GRC, aux pompiers, ou aux ambulanciers de continuer à oeuvrer efficacement au service de la population.