Les quotidiens anglophones publient la lettre pro-bilinguisme

DIEPPE – Les quotidiens anglophones de Brunswick News ont publié jeudi matin la lettre d’appui au bilinguisme et à la dualité linguistique signée par une centaine de personnalités acadiennes.

La lettre envoyée lundi aux quotidiens de la province et publiée dans l’édition de l’Acadie Nouvelle de mardi répond aux récents éditoriaux publiés dans le Times & Transcript et le Telegraph-Journal les principaux quotidiens de l’empire Irving.

Les signataires de la lettre accusent ces journaux d’avoir «attisé les flammes du mécontentement» en ce qui concerne le bilinguisme et la dualité en éducation et en santé en utilisant de «mauvaises interprétations des faits» dans leurs écrits.

Brunswick News affirmait vouloir confirmer l’identité des signataires de la lettre avant de la publier dans ses journaux, chose que l’entreprise a faite jeudi.

Denis Losier, président-directeur général chez Assomption Vie et instigateur de la missive, se dit heureux que les anglophones puissent maintenant lire la lettre qui attaque, entre autres, les arguments contre la dualité sous l’angle économique.

«Vérifier (les signataires), je pense que c’était correct de le faire. Avec la longueur de la liste, ils (les journaux de Brunswick News) voulaient s’assurer de les valider. C’est maintenant fait et nous sommes contents que la lettre ait été publiée», a précisé M. Losier à l’Acadie Nouvelle.

Dans son édition de jeudi, le Times & Transcript a publié la lettre en l’accompagnant toutefois d’un éditorial qui blâme les signataires de ne pas comprendre ce qu’est le journalisme.

«À cet égard, la lettre dénote sans le vouloir une incompréhension fondamentale de ce qu’est le journalisme», peut-on lire dans l’éditorial du quotidien anglophone de la région de Moncton.

M. Losier croit plutôt que l’incompréhension provient de ceux qui ont rédigé l’éditorial.

«Ce qu’ils n’ont pas compris, c’est que nous ne critiquons pas la nouvelle ou les opinions du lecteur. Si un groupe veut se prononcer contre le bilinguisme, je veux qu’il le fasse. Mais après ça, qu’on le traite et qu’on appuie ces propos avec un éditorial, c’est là que nous avons un problème», a souligné M. Losier.

La lettre n’a pas été publiée dans l’hebdomadaire provincial francophone de Brunswick News, L’Étoile, puisque la missive, selon la direction du journal, n’aurait été reçue qu’en après-midi mardi, alors que le journal était déjà envoyé à la presse. 

«JE N’AI JAMAIS ÉTÉ AUSSI FIER D’ÊTRE ACADIEN»

DIEPPE – La lettre probilinguisme publiée dans nos pages de mardi passera à l’histoire, selon le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, Jean-Marie Nadeau.

«Je n’ai jamais été aussi fier d’être Acadien en ce sens que je n’ai jamais vu un éventail d’autant de gens – jeunes, vieux, hommes, femmes, ruraux, urbains, bleus, blancs, rouges, jaunes et verts – c’est ça qui est extraordinaire! Maintenant on est rendus à plus de 600 signataires», a lancé M. Nadeau en entrevue avec l’Acadie Nouvelle.

Plusieurs grands noms de l’Acadie ont apposé leur nom au bas de la lettre. Le travail pour récolter ces signatures a commencé vendredi dernier. Plus de 200 invitations ont été envoyées, mais certaines personnes d’intérêt, comme le constitutionnaliste et expert en droit linguistique, Me Michel Doucet, ont été oubliées.

«La seule chose que je ne comprends pas, c’est pourquoi les auteurs de cette lettre n’ont pas approché certaines personnes qui sont impliquées dans ce dossier depuis très longtemps», a déploré Me Doucet.

Pour M. Nadeau, l’explication est simple. Aucun choix n’a été fait. Le travail a été effectué de façon arbitraire en envoyant par exemple des invitations à des organismes listés sur le site de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB).

«On a envoyé environ 200 invitations au départ et on s’excuse auprès des gens qui n’ont pas été contactés. Ce n’est pas de mauvaise foi. Ç’a été fait à la mitaine, bénévolement, et ce qu’on souhaite c’est que les gens s’attardent plus au contenu qu’au processus», a précisé M. Nadeau.

Cette lettre, espère Denis Losier, servira à faire réfléchir les médias anglophones sur la façon dont les sujets portant sur le bilinguisme et la dualité linguistique seront abordés à l’avenir.

«Il reste à voir comment à l’avenir les questions linguistiques seront traitées. Je pense que nous avons fait le point. Nous avons une province où le contrat social reconnaît l’existence et l’égalité des deux communautés linguistiques. C’est important que ces principes ne soient jamais remis en question. Le bilinguisme et la dualité en éducation existent depuis bon nombre d’années. Là aussi, ce sont des principes fondamentaux sur lesquels on ne devrait jamais revenir», a rappelé le président-directeur général d’Assomption Vie.

Afin de recueillir plus de signatures, un groupe Facebook nommé «Lettre d’appui à la dualité linguistique du Nouveau-Brunswick» a été créé. Les internautes peuvent y signer la missive en visitant le groupe ou en envoyant leur nom à la SANB par courriel.

Selon M. Nadeau, il faudra dorénavant parler de «l’avant-6 novembre 2012» et de «l’après-6 novembre 2012».