Chanter sous la pluie

FRELIGHSBURG – On savait déjà que chanter sous la pluie, ça pouvait parfois occasionner une irrésistible frénésie. Même que les plus bouffons oseront sauter à pieds joints dans la plus profonde des flaques d’eau.

Et pourquoi pas dans un nid de poule? En dépit du fait que certains de ces cratères écrasent parfois les antichocs de nos roues, quand ils ne rayent pas carrément le dessous de nos voitures, au lieu de sacrer comme des charretiers après ces mauvais coups du sort, pourquoi ne pas faire les rigolos, spécialement quand un torrent d’eau du ciel s’abat sur nos têtes?

Jean-Marc, lui, ce n’est pas dans un nid de poule aqueux, ni même dans une vraie flaque, qu’il a sauté. Mais à voir sa prestation de Chanter sous la pluie devant Denise Filiatrault à Frelighsburg, c’est plutôt dans une folie inhabituelle chez lui qu’il a bondi pendant un atelier sur la comédie musicale.

Dans une audition fictive devant celle qui se dit grande admiratrice des comédies musicales – elle en a elle-même mis en scène plusieurs – Jean-Marc comme ses quatre collègues académiciennes ont poussé des chansonnettes de quelques grands classiques, que la plupart avaient apprises à peine quelques minutes avant l’atelier.

Il faut croire que notre Acadien, pour sa part, prenait cet exercice très au sérieux. Arrivé avec un véritable parapluie et un début de chorégraphie, le jeune homme s’est lâché lousse durant son interprétation, montrant un côté givré contrastant de manière étonnante avec son caractère normalement réservé. Armé de son parapluie donc, de son sourire à la fois moqueur et charmant ainsi que de quelques steppettes, Jean-Marc a donc épaté la galerie et même Denise Filiatrault, reconnue pour son perfectionnisme scénique au rasoir.

Après la pluie des comédies musicales, une marée humaine de fans attendait les cinq académiciens dans un magasin Archambault de Brossard, non loin de Montréal, pour une séance d’autographes. Chacune des idoles s’est prêtée au jeu avec un plaisir apparent. Chaque visiteur avait son ou sa candidate préféré-e. Une jeune femme qui a confié à Jean-Philippe Dion être originaire de l’Équateur a entre autres souligné aimer Jean-Marc «parce qu’il est très beau».

Plus tard en soirée, les académiciens sont eux-mêmes devenus des fans, et pas de n’importe qui. Leur professeur d’interprétation, Patrick Huard, montait sur la scène du Théâtre Saint-Denis pour la grande première de son tout nouveau One Man Show. D’autres personnalités étaient aussi présentes, comme Patricia Paquin et Éric Salvail, qui ont d’ailleurs tenu à saluer les académiciens.

La bande a ri à gorge déployée tout au long du spectacle. À l’arrière-scène, après la représentation, ils n’avaient que de bons mots pour leur humoriste-professeur, qui en retour a soutenu être satisfait de sa performance et très touché par la réaction du public. Après quoi tout ce beau monde a levé un verre de champagne en l’honneur de ce métier difficile qu’est la scène, mais que d’aucuns dans la bande considèrent comme le plus beau du monde.