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Henk Tepper est libéré et de retour au pays 

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GRAND-SAULT – La loi du silence décrétée récemment par les proches de Henk Tepper n’était pas étrangère aux tractations en coulisses visant le retour au Nouveau-Brunswick de l’agriculteur de Grand-Sault.

Après un plus d’un an de détention dans une prison libanaise, Henk Tepper a été libéré en fin de semaine. Il a été accueilli par ses proches, samedi à Ottawa, et était en route pour le Nouveau-Brunswick, dimanche.

«Je suis heureux d’être à la maison, et c’est tout ce que je peux vous dire», a déclaré l’agriculteur aux journalistes, les traits tirés, alors qu’il quittait la zone des douanes. Lui et sa famille se sont ensuite engouffrés dans un salon de l’aéroport.

Le Canadien a été arrêté au Liban pendant ses déplacements au Proche-Orient, effectués dans le cadre d’une mission de commerce agricole pour promouvoir les semences de pommes de terre des Maritimes.

L’Algérie allègue aussi que l’agriculteur aurait contrefait des documents liés à l’exportation de pommes de terre du Québec et de l’Île-du-Prince-Édouard.

Les avocats de M. Tepper ont nié toutes les allégations, disant les pommes de terre ont été inspectées au Canada avant l’expédition et respectaient les normes algériennes.

M. Tepper était dans une impasse juridique depuis son arrestation, étant détenu sous un mandat d’INTERPOL au Liban – un pays qui n’a pas conclu de traité d’extradition avec l’Algérie.

Les avocats et la famille de Tepper ont à plusieurs reprises émis des inquiétudes, tout au long de la dernière année, à propos de l’état de santé du détenu, qui se détériorait.

La soeur de M. Tepper, Harmien Dionne, son avocat Jim Mockler et la sénatrice Pierrette Ringuette rencontreront la presse, lundi matin, à Grand-Sault. Il n’est pas assuré que le producteur de pommes de terre soit du rendez-vous.

«Henk Tepper a deux choses en tête maintenant. Renouer avec sa famille et se refaire une santé», a dit la sénatrice Ringuette lors d’un entretien avec l’Acadie Nouvelle, samedi, à quelques heures de son retour à l’aéroport d’Ottawa.

Un silence intentionnel

À l’aube de l’anniversaire de la détention de M. Tepper au Liban, personne de son entourage n’a voulu commenter le dossier lors d’appels faits par le journal auprès de sa famille, son avocat et la sénatrice Ringuette alors qu’ils ont pourtant multiplié les interventions depuis le début de son incarcération. On a tout simplement su qu’il n’y avait rien de nouveau dans cette affaire.

Dans une courte déclaration, Harmien Dionne a demandé de respecter l’intimité de la famille tout en ajoutant «qu’il viendra bientôt un temps pour se parler».

Or, ce temps survient environ une semaine plus tard. La sénatrice Ringuette n’a pas caché que le silence dans ce dossier était volontaire.

«À ce moment, nous savions que c’était une forte possibilité que M. Tepper soit relâché et c’est pour cela que personne n’a voulu parler pour ne pas nuire à l’évolution du dossier», a-t-elle poursuivi.

Lorsque interrogée à savoir ce qui s’était produit pour que le dossier connaisse soudainement son dénouement, Mme Ringuette soutient que ce n’est pas quelque chose qui s’est réglé en une journée.

«C’est le résultat de nombreuses interventions, de rencontres et de la pression mise sur le gouvernement libanais par l’équipe Tepper depuis mai 2011. Celui-ci a démontré qu’il était responsable à l’égard des droits de la personne et ça reflète le respect traditionnel dans l’histoire entre nos deux populations. Il était évident pour les officiels libanais que notre concitoyen n’était pas un criminel», a commenté celle qui s’est rendue à quelques reprises au Liban pour tenter d’intervenir dans ce dossier.

Le mandat international d’INTERPOL à l’endroit de M. Tepper demeure en vigueur (lire encadré). La sénatrice Ringuette est par contre d’avis que la réputation de l’agriculteur est blanchie.

«Aucune accusation n’a été déposée contre lui durant toute cette période. Nous avons des boîtes de documents reliés à ce dossier et je ne crois pas que personne ne pourra avoir quelque chose à lui reprocher. Tout le système de l’alerte rouge d’INTERPOL, en vigueur depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, doit être révisé», a-t-elle ajouté.

➣ Avec des extraits de La Presse Canadienne

Gilles Duval
À propos de Gilles Duval

Originaire de Québec, Gilles Duval travaille pour l’Acadie Nouvelle depuis le lancement de la version provinciale du quotidien en septembre 1989. Diplômé de l’université Laval, il a fait ses premières armes en journalisme en 1988 pour le défunt hebdomadaire l’Express du Sud-Est, dans la région de Shédiac, Cap-Pelé, Dieppe et...
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