Membre du groupe Acadie Média|Samedi 19 avril 2014
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Enfin de l’espoir pour le NPD 

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FREDERICTON – Le Nouveau Parti démocratique du Nouveau-Brunswick connaît un regain de popularité dans la ville de Saint-Jean. À un tel point qu’il dépasse les conservateurs et les libéraux dans les intentions de vote.

Selon les résultats partiels d’un sondage réalisé à la fin de mars et au début d’avril dans la ville portuaire, le parti dirigé par Dominic Cardy obtient 39 % des intentions de vote, devant le Parti progressiste-conservateur de David Alward, qui lui, recueille 31 % des appuis.

Les libéraux, qui sont toujours à la recherche d’un nouveau chef, ferment la marche avec 28 % des intentions de vote.

L’enquête tend à montrer que la ville de Saint-Jean demeure un endroit de prédilection pour le NPD provincial.

On se souviendra que l’ancienne chef néo-démocrate, Elizabeth Weir, a été élue dans Saint-Jean-Sud, depuis devenu Saint-Jean-Havre, en 1991, 1995, 1999 et 2003.

Par ailleurs, certaines données plus pointues de ce sondage révèlent des tendances qui ont de quoi réjouir les néo-démocrates.

Chez les jeunes de 18 à 29 ans, ils recueillent 41 % des intentions de vote, devant les conservateurs (23 %) et les libéraux (8 %).

Le NPD attire aussi plus de 30 % des électeurs dont le revenu est inférieur à 70 000 $ par année, ce qui semble indiquer que leur message visant les moins nantis et la classe moyenne leur permet de marquer des points.

Le chef du NPD, Dominic Cardy, croit que ces résultats sont en partie le reflet du manque de vision démontré par les formations politiques traditionnelles que sont les libéraux et les conservateurs.

«Ce n’est pas vraiment une surprise pour nous parce qu’au cours des dernières années, on a vu que les libéraux n’ont pas vraiment une vision pour la province, et les conservateurs non plus. Nous sentons qu’il y a une grande confiance qui est suscitée par le NPD et c’est à nous maintenant d’accomplir le travail nécessaire pour mériter cette con­fiance», estime le chef néo-démocrate.

Mais il pense également que les Néo-Brunswickois connaissent de mieux en mieux les valeurs néo-démocrates, ce qui les amène à appuyer le NPD.

Le sondage a été réalisé par la firme Environics Research Group. Il a été mené par téléphone auprès de 680 personnes ayant le droit de voter, du 29 mars au 1er avril. Il comporte une marge d’erreur de 3,8 %, 19 fois sur 20.

Derek Leebosh, de la firme Environics, explique que ces résultats font partie d’un sondage commandé par un client privé. La firme a profité de l’occasion pour sonder les intentions de vote au niveau provincial dans la ville. (Voir les propos de M. Leebosh dans notre carnet)

Doit-on prendre le NPD au sérieux?

«Tout à fait», répond le politologue Roger Ouellette, de l’Université de Moncton.

«Si on regarde à l’échelle de l’Atlantique, le NPD est bon deuxième à Terre-Neuve-et-Labrador, bien loin devant le Parti libéral. Il forme le gouvernement en Nouvelle-Écosse et les derniers sondages que j’ai observés montrent que le parti est très, très près des libéraux au Nouveau-Brunswick. Et puis on a aussi l’effet national avec l’arrivée du nouveau chef néo-démocrate, Thomas Mulcair, et les sondages qui placent le NPD tout près des conservateurs», énumère M. Ouellette.

«Tout cela fait qu’il y a en ce moment une conjoncture favorable pour ce parti», en vient-il à conclure.

«Le NPD doit s’organiser. Les élections ce sont les bénévoles, les ressources financières, c’est du porte-à-porte, c’est les médias sociaux. Donc il doit s’assurer de préparer la prochaine élection, doit s’organiser sur le terrain, recruter des membres et, surtout, des candidats solides», insiste le politologue.

Et qui doit craindre le NPD?

«C’est le Parti libéral. Il se cherche un chef que l’on ne connaîtra pas avant l’automne. Mais on sait très bien que le Parti libéral, depuis l’ère McKenna, est allé vers le centre droit de l’échiquier politique, alors que le Parti libéral de Louis J. Robichaud était davantage de centre gauche», note Roger Ouellette.

Cette tendance vers la droite s’est poursuivie selon lui sous le règne de Shawn Graham.

Ainsi, les libéraux ont délaissé leur flanc gauche et le NPD est en train de lui ravir ce créneau politique.

Pour sa part, le professeur Tom Bateman du Département de science politique de l’Université St. Thomas analyse la situation du NPD en regardant le parti de l’intérieur.

«Il se peut que le fait que la plupart des députés fédéraux du NPD viennent du Québec refroidisse un peu l’électorat néo-brunswickois. Mais les réticences qui pourraient se manifester ici ne devraient pas résister longtemps à l’attrait d’un parti en pleine croissance et dont la base militante est connue pour sa fidélité», croit le professeur Bateman.

Mais lui aussi souligne le fait que le NPD doit combler ses lacunes en ce qui a trait à son organisation, sa présence sur le terrain et son financement.

Il croit aussi que son chef, Dominic Cardy, doit trouver des moyens de mieux se faire connaître de l’électorat.