Membre du groupe Acadie Média|Mercredi 23 avril 2014
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Mairie de Lamèque: un scènario déjà-vu 

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LAMÈQUE – Le scénario de 2008 se répète à Lamèque, alors que l’ancien maire Réginald Paulin tente de nouveau de déloger Rénald Haché, en poste depuis huit ans.

Rencontrés mercredi, les deux candidats prennent cette lutte bien au sérieux. Ni l’un ni l’autre ne tiennent la victoire pour acquise.

Celui qui veut détrôner le maire Haché, Réginald Paulin, n’y va pas de main morte. Après l’impression et la distribution d’un dépliant, l’aspirant Paulin prévoit l’ouverture d’un bureau de campagne pour être bien certain de ravir la victoire et reconquérir ce poste qu’il a occupé pendant 15 ans, avant de quitter en 2004 et ensuite tenter vainement d’y retourner en 2008, au gré d’une course serrée.

De son côté, Rénald Haché évite de dévoiler son plan, pour des raisons stratégiques. Il ne sait pas si la lutte sera serrée, mais il dit se préparer comme tel, pour être bien certain de s’assurer la victoire. Il dit certainement ne pas vouloir sous-estimer son adversaire.

Les motifs de chacun sont cependant différents. M. Paulin a comme plateforme électorale la volonté de gouverner en élaborant une planification stratégique et en plaçant la table dès maintenant pour des discussions avec les DSL des îles Lamèque et Miscou en vue de la réforme de la gouvernance locale, entre autres. Il vise également la création d’un comité permanent de soutien à l’Hôpital et Centre de santé communautaire de Lamèque.

Du côté du maire Haché, s’il sollicite un troisième mandat c’est pour voir aboutir des projets en gestation depuis quelques années. M. Haché ajoute du même coup que durant son mandat, la Ville a pris quelques paris risqués, des paris qui rapporteront dans un proche avenir et qui feront en sorte que le conseil municipal bénéficiera bientôt d’une situation financière plus confortable.

«Nous avons pris des décisions qui vont nous mettre dans une meilleure situation; ce sera intéressant. Il y a de belles choses qui s’en viennent. Je veux être là pour les quatre prochaines années», de commenter Rénald Haché, en mentionnant le projet de rénovation de la bibliothèque municipale, la mise sur pied d’une commission culturelle pour les îles Lamèque et Miscou et la possibilité de voir les Résidences Lucien-Saindon bénéficier d’importants investissements publics au cours des prochaines années, entre autres.

Comme son adversaire, le maire Haché soutient qu’il est important de tisser des liens et ouvrir la discussion avec les DSL des environs en vue de la réforme de la gouvernance locale. Il ajoute au passage que Lamèque collabore déjà avec ces communautés et que graduellement, ces liens ne pourront que s’agrandir.

Par ailleurs, le candidat Paulin prône un conseil municipal apolitique qui n’hésiterait pas à lever le ton pour faire valoir ses revendications et son désaccord au gouvernement s’il le faut, quel que soit le parti qui est au pouvoir.

«On n’entend presque jamais la municipalité se prononcer. Est-ce que c’est la politique qui veut que ce soit comme ça?», se questionne-t-il.

À la retraite, Réginald Paulin se présente comme un maire qui serait plus disponible que M. Haché, qui travaille à temps plein. Il prédit pouvoir assister facilement à diverses réunions et à assurer une présence constante à l’édifice municipal.

Sur ce point, le maire Haché réplique qu’avoir un emploi ou non ne devrait pas être un critère pour être maire. Il ajoute que sa situation professionnelle n’a pas empêché les nombreux dossiers de se réaliser, et qu’il a pu atteindre les objectifs.

Pour le reste, Rénald Haché ajoute être constamment en contact avec la municipalité, qu’il sait bien gérer son temps et qu’il assiste aux réunions importantes quand il le faut, ou alors il se fait facilement remplacer par un conseiller.

Sur le plan des revendications, le maire Rénald Haché rétorque qu’il privilégie une approche plus collaborative, ce qui n’empêcherait pas Lamèque de mettre le pied à terre s’il le fallait. Il dit se rappeler l’époque où il était conseiller municipal, au début des années 2000, alors que Lamèque souffrait d’un problème d’odeurs. Une époque au cours de laquelle la confrontation était de mise au conseil municipal, situation qu’il souhaite ne pas revivre, tient-il à préciser.

Satisfait de son bilan

Le maire Rénald Haché se dit satisfait de son bilan des huit dernières années.

Après avoir été conseiller municipal, Rénald Haché a accédé à la mairie de Lamèque en 2004. À cette époque, la municipalité était aux prises avec un problème d’odeurs majeur en raison de la prolifération de certaines algues pendant l’été, en plus de souffrir d’un problème d’image, notamment après les tourments entourant l’industrie de la pêche au crabe, au début des années 2000.

Le maire Haché dit avoir pris les rênes de la municipalité avec comme objectif de surmonter ces deux défis, en plus de régler le problème d’approvisionnement en eau, qui devenait de plus en plus menaçant.

Huit ans plus tard, il estime que les objectifs ont été atteints. Le climat de confrontation qui prévalait il y a environ 10 ans a été enrayé avec divers projets qui ont amélioré la qualité de vie des citoyens de Lamèque, avec des investissements pour améliorer l’approvisionnement en eau et la circulation routière, notamment, fait-il valoir.

M. Haché signale du même coup que le problème de mauvaises odeurs est résolu à environ 80 %, grâce à des investissements de l’usine de transformation des produits de la mer pour limiter le déversement de matières organiques dans la mer, ainsi que des travaux effectués par la municipalité sur les berges et en mer.

De son côté, Réginald Paulin n’a pas chômé depuis son retrait de la politique municipale en 2004. S’il n’a pas pu assister à aucune réunion publique pendant les deux années qui ont suivi, M. Paulin s’est par la suite investi dans une série de comités et d’initiatives. Il a pris la présidence du comité régional du CMA 2009 pour les îles Lamèque et Miscou.

Il préside également le Chambre de commerce des îles Lamèque et Miscou depuis cinq ans, mandat au cours duquel il s’est penché sur divers dossiers, dont notamment la révision de la carte électorale du Nouveau-Brunswick, sur laquelle il s’est prononcé, se disant fortement inquiet pour l’avenir du nord de la province si la région en venait à perdre des députés.