Membre du groupe Acadie Média|mardi 27 janvier 2015
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Au coeur du centre 911 de Dieppe 

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DIEPPE – Le deuxième étage de la caserne des pompiers de Dieppe, sur la rue Gauvin, s’apparente à un petit centre d’appels comme on en trouve un peu partout dans le Grand Moncton. Or, le travail des employés qui s’y trouvent est de sauver des vies, ni plus ni moins.

Patrick Lacelle

Afin de souligner la Semaine nationale des opératrices en télécommunications, la GRC a invité les médias, récemment, à visiter la station de transmissions opérationnelles du service 911 à Dieppe.

Atmosphère détendue et éclairage tamisée, six employés s’occupent en tout temps de répondre aux appels d’urgence du sud-est du Nouveau-Brunswick, couvrant un territoire qui s’étale de la frontière de la Nouvelle-Écosse jusqu’au comté de Kent, dans cette petite station administrée par la GRC.

À Dieppe, les téléphonistes répondent, d’une voix rassurante et calme, à plus de 6000 appels 911 par mois. Ça, c’est sans compter les appels non urgents destinés aux policiers, ambulanciers ou pompiers de la région du Grand Moncton.

Ne répond pas aux appels 911 qui veut. Une formation d’un an est offerte au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick – Campus de Dieppe, mais même avec un diplôme en main, un nouvel employé dans une station 911 doit suivre un entraînement de 8 à 10 semaines où il sera suivi. Il faut évidemment savoir garder son calme et contrôler ses émotions.

Linda Bastarache a plus de 20 ans de métier dans ce domaine. Selon elle, la majorité des gens qui intègrent la profession y restent parce qu’au départ, s’ils sont intéressés, c’est parce qu’ils ont ce qu’il faut pour effectuer le travail.

«Dans toute ma carrière, j’ai vu beaucoup de répartiteurs et j’en ai vu seulement deux qui ne sont pas restés, mais tous les autres sont restés parce qu’ils adorent ce qu’ils font. Quand tu vois ça à la télé, c’est impressionnant, mais on ne va pas laisser une personne répondre à des appels sans formation», a expliqué Mme Bastarache.

Chaque téléphoniste en télécommunications du 911 tente d’oublier l’objet de chacun des appels au cours de son quart de travail, et ce, pour des raisons de confidentialité, entre autres. Par contre, chaque téléphoniste a aussi une histoire spectaculaire à raconter. Dans le cas de Mme Bastarache, deux événements en 1989 ressortent de ses nombreuses années d’expérience.

En novembre 1989, c’est elle qui a reçu l’appel qui a mené à l’arrestation du tueur en série Allan Légère.

«Allan Légère… je travaillais le soir qu’il a été capturé. On était trois téléphonistes. Dans ce temps-là, il n’y avait pas de 911 et on n’avait pas la même technologie. Quand j’ai reçu un appel de la fille de Sussex pour dire qu’elle avait eu Allan Légère dans sa voiture et qu’elle avait réussi à s’évader, je ne comprenais plus rien. Là, le niveau de stress monte. C’est dans la nuit, tu dois réveiller tout le monde et faire des barrages routiers dans la province. On n’avait pas la technologie, mais on s’est organisés et on l’a fait», a indiqué Mme Bastarache.

En octobre 1989, c’est aussi cette même téléphoniste qui a répondu à l’appel concernant le terrible accident de Cormier-Village, qui a fait 13 morts et 45 blessés lors d’une fête familiale. À cette époque, il n’existait pas de service ambulancier provincial et seulement quatre téléphonistes travaillaient dans un centre à Fredericton. Ils ont dû trouver une dizaine d’ambulances pour les envoyer sur les lieux de la tragédie.

«On a eu une grosse journée, mais veut veut pas, il faut seulement retenir le bon», a confié Mme Bastarache.