Gaz de schiste: des tests inquiétants

ELGIN – Deux citoyens d’Elgin, dans le sud de la province, ont remarqué des changements significatifs dans leurs analyses d’urine entre 2009 et 2011. Si rien n’établit avec certitude un lien direct entre les résultats de ces tests et la création d’un puits de gaz de schiste à 3,5 km de leur domicile, le doute est permis. Le couple, qui préfère garder l’anonymat, veut avoir une réponse.

La fracturation hydraulique de la roche qui renferme le gaz de schiste est-elle dangereuse pour la santé des habitants? Le débat est actuellement posé alors que les premiers travaux d’exploration ont débuté au Nouveau-Brunswick.

Les documents transmis à l’Acadie Nouvelle sont troublants.

En 2009, en effet, madame et monsieur X, qui habitent Elgin, à environ 3,5 kilomètres d’un puits de gaz de schiste (puits B-41 de Green Road), décident de passer des tests pour vérifier la présence ou non de métaux lourds dans leur organisme. Si le test de madame ne révèle rien d’anormal, son mari présente un taux de plomb très élevé (23 µg/g creat). La valeur de référence tolérée se situait à l’époque à 5 µg/g creat. 

Deux ans plus tard, les deux passent un nouveau test qui se révèle plus inquiétant. En effet, le taux de plomb de madame X est 24 fois supérieur à la normale, son taux de cadmium trois fois supérieur et son taux d’aluminium est le double d’un individu sain. Les analyses de son mari se sont également dégradées. Son taux de plomb a doublé et il présente des taux élevés en aluminium, gadolinium et cadmium. Des métaux présents, entre autres, dans le sol, l’eau et l’atmosphère.

De même, les conjoints ont décidé de réaliser un test pour mesurer la qualité de l’air de leur domicile auprès d’une compagnie de Fredericton. Là aussi, les résultats intriguent. Conduit sur une durée de 93 jours, ce prélèvement montre la présence de radon, un gaz radioactif, indolore et incolore, à hauteur de 1183 bq/m3 alors que le taux critique émis par Santé Canada est de 200 bq/m3. Malgré des travaux effectués dans la maison et visant à améliorer la qualité de l’air, ce taux était encore de 444 bq/m3 en mai 2011… 

«Ils veulent des réponses»

Intrigués et surtout inquiets, madame et monsieur X ont fourni tous ces documents à Maxime Daigle, qui est un des promoteurs de la contestation contre le gaz de schiste dans la région.

«Ces gens ne savent pas si ces résultats sont directement liés à la fracturation du gaz de schiste. Ils veulent seulement un moratoire et une enquête pour obtenir des réponses», a expliqué M. Daigle qui a transmis lesdits documents à Bruce Northrup, le ministre des Ressources naturelles, lors d’une rencontre le 5 décembre 2011. 

Maxime Daigle a depuis reçu une lettre envoyée par Marc Belliveau, directeur des communications du groupe de travail sur le gaz naturel, dans laquelle il explique que la province ne souhaite pas discuter de ce dossier précis.

Malgré nos efforts, nous n’avons pas réussi à parler ni à M. Belliveau ni à un employé du ministère des Ressources naturelles.