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Il y a 25 ans, le Martin N coulait au large de Miscou 

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PETITE-LAMÈQUE – Le 25 avril est une date qui restera à jamais gravée dans la mémoire de la famille Noël.

Quand il a pris la mer le 25 avril 1987 à bord du Martin N. pour entamer la première journée de la pêche au crabe, Lucien Noël était loin de se douter qu’il allait perdre son frère Léo et deux autres membres d’équipage.

Quelques heures après son départ, le navire, pourtant très récent, chavire, entraînant dans la mort son capitaine, Léo Noël, ainsi que les hommes d’équipage Dion Mallet, de Shippagan, et Cyria Duguay, de Petite-Lamèque. Ils étaient âgés respectivement de 38, 60 et 32 ans, peut-on lire dans un article de l’Acadie Nouvelle, qu’a soigneusement gardé l’épouse de Lucien, Aline Noël.

Cette dernière devient émotive quand elle pense à ce qui serait arrivé à son mari si ce dernier n’avait pas enfilé la combinaison de sécurité qu’il venait de se procurer. Un réflexe qui lui a permis de survivre et de sauver la vie de Raymond Chenard, qui était aussi à bord du navire.

Si Mme Noël dit vouloir souligner l’événement, son mari, pour sa part, semble avoir tassé cette tragédie le plus loin possible dans sa mémoire, visiblement peu à l’aise de raviver ce triste souvenir qui a considérablement changé sa vie.

«J’ai pas mal oublié ça. Il faut refaire sa vie. Si une personne s’arrête, elle n’en fait pas long», de raisonner le vétéran pêcheur.

Devenu pêcheur côtier depuis, M. Noël se concentre plutôt sur la saison 2012. Une saison spéciale pour lui, puisqu’il est titulaire cette année d’un quota de crabe, ce qui améliorera sa situation, estime-t-il.

Lucien Noël reconnaît tout de même songer souvent à ces événements, et à leur suite.

«Tous les ans, j’y pense. Tous les 25 avril. Je me dis que j’ai été chanceux. Ça change une vie, c’est garanti. Quand tu es habitué de pêcher avec un frère, et que tu le perds… Je trouve ça dommage pour le reste de l’équipage», finira-t-il par admettre en se remémorant le naufrage.

Une chose est sûre, c’est que Lucien Noël n’envisage plus la pêche de la même manière. 

Aujourd’hui, la sécurité prime par-dessus tout, assure-t-il, heureux de diriger maintenant sa propre entreprise de pêche. Quelles que soient les circonstances, il ne sortira pas en mer si le temps est menaçant.

«Je ne pêche pas dans le vent», de conclure le sexagénaire dont le fils, Kevin, exerce aussi cette profession, pour son plus grand bonheur.