La pêche au homard débutera samedi

MONCTON – Le lancement de la pêche au homard dans le nord et le nord-est du Nouveau-Brunswick est programmé pour le samedi 28 avril à 6 h, si les conditions météorologiques le permettent. 

La décision a été communiquée par le ministère des Pêches et des Océans (MPO) qui a publié ce mardi le plan de gestion de la pêche pour la zone 23. La date de fermeture sera le 28 juin. 

Ce plan de pêche était attendu avec impatience par les pêcheurs de homard. 

«Normalement, il est communiqué plus tôt que ça et on sait déjà à quoi s’attendre. On ne comprend pas trop les délais du MPO», remarquait Christian Brun, interrogé lundi par l’Acadie Nouvelle. Le directeur général de l’Union des pêcheurs des maritimes (UPM) s’inquiétait alors des éventuels changements apportés au plan de pêche. 

Des changements qui sont maintenant connus. La seule nouveauté concerne la taille minimale de carapace. Elle est augmentée à 75 mm en 2012 dans certains secteurs, à savoir les sous-zones 23A et 23B. Dans les autres secteurs, les tailles minimales sont inchangées et varient de 72 mm (23C) à 71 mm (23D).

L’interdiction de pêcher la nuit est maintenue dans l’ensemble de la zone de pêche du homard (ZPH) 23. Parmi les autres mesures de gestion, on peut citer la poursuite du programme de rachat de permis. En 2011 et 2012, un total de 71 permis a été retiré de la pêche dans la ZPH 23 dans le cadre du programme de mesures de durabilité pour l’industrie du homard de l’Atlantique.

Cette nouvelle saison s’annonce relativement bien. Le premier élément positif est l’état de la biomasse. «La ressource va bien», estime Marc Lanteigne, le biologiste de la division des sciences au bureau du MPO de Moncton.

«On est toujours dans une période d’abondance du stock. Le grand changement qui a débuté dans les années 1970 s’est poursuivi jusqu’à attendre un sommet dans les années 1990. Depuis la fin des années 1990, on se maintient sur des débarquements records de homard. On voit ça sur l’ensemble du territoire nord-américain du Labrador jusqu’à Cape Cod.»

Les débarquements sont habituellement de l’ordre de 18 000 à 20 000 tonnes pour les cinq zones du sud du golfe du Saint-Laurent.

L’optimisme de l’Union des pêcheurs des Maritimes est tempéré par plusieurs motifs de préoccupation. Le premier concerne l’état futur de la biomasse. Elle pourrait être menacée par une diminution des jeunes homards dans les années à venir.

«Les débarquements indiquent que la structure du homard est en bon état, la situation serait encourageante, mais il semblerait qu’il y ait un début de diminution de la biomasse», avance Christian Brun. 

«Il semblerait y avoir une diminution de la biomasse concernant les homards juvéniles.»

«Nous n’avons pas eu d’informations inquiétantes quant à l’abondance des juvéniles. On ne peut pas faire de prédictions à long terme sur le homard», répond le biologiste du MPO Marc Lan-teigne. 

Il est prévu, annonce-t-il, qu’un point sur la situation du homard soit réalisé cette année durant l’automne et l’hiver. Une actualisation des connaissances demandée par les pêcheurs. Le dernier avis scientifique complet sur l’état de la ressource date, il est vrai, de 2007.

Ce début de saison est marqué par la traditionnelle inconnue du prix de la livre de homard payé aux pêcheurs.

«La question du prix est toujours présente», reconnaît le directeur général de l’UPM. «Est-ce qu’on va avoir un prix raisonnable pour le homard?», s’interroge-t-il. L’an dernier, les pêcheurs de la zone 23 avaient été payés en moyenne autour de 4 $ à 4,25 $.

Qu’en sera-t-il cette année? M. Brun avance un premier élément de réponse.

«Ce qui est encourageant c’est de voir les marchés du homard vivant, stables à un niveau bas ces dernières années, prendre un envol. C’est un très bon signe. Le marché de la chair de homard s’est aussi amélioré depuis 2011.»

«On ne sait pas trop ce qui va se passer sur les marchés. Ça va se décider durant les deux premières semaines de pêche, c’est là que le prix se fixe.»