Gaz de schiste: les médecins de famille exigent un moratoire

FREDERICTON – Le Collège des médecins de famille du Nouveau-Brunswick demande à son tour un moratoire sur le développement du gaz de schiste dans la province.

Dans une lettre envoyée lundi à tous les députés de l’Assemblée législative, le Collège demande le dépôt d’un moratoire sur le développement du gaz de schiste dans notre province «jusqu’à ce que des recherches plus approfondies soient effectuées afin de prouver que les avantages de cette pratique (la fracturation hydraulique) l’emportent clairement sur les risques associés».

La présidente du collège, la docteure Anick Pelletier, a expliqué que les médecins de famille voulaient, en demandant ce moratoire, se faire les porte-parole de leurs patients qui n’ont pas les moyens de se faire entendre par le gouvernement.

«On veut se faire la voix de nos patients et de la population», a-t-elle indiqué.

C’est le chef de l’opposition, Victor Boudreau, qui a révélé publiquement l’existence de cette missive lors de la période de questions à l’Assemblée législative, mercredi.

Il en a d’ailleurs cité quelques passages, comme celui-ci:

«Nous sommes particulièrement préoccupés par la contamination potentielle des approvisionnements publics en eau, la pollution de l’air, l’élimination des eaux usées radioactives, les déversements de produits chimiques toxiques, de même que la santé des enfants et des femmes enceintes, pour n’en énumérer que quelques-uns», a-t-il lu à haute voix afin que des extraits de la lettre puissent être inclus dans la transcription de la période de questions.

M. Boudreau, qui a adressé plusieurs questions à ce sujet au premier ministre, a eu droit aux remontrances du ministre de l’Environnement et des Gouvernements locaux, Bruce Fitch.

Après avoir indiqué qu’il se réjouissait de voir que les médecins de famille avaient pris le temps de se pencher sur la question et que leur opinion était la bienvenue dans le débat, M. Fitch s’en est pris à l’opposition.

«C’est un peu comme le film Le jour de la marmotte. Vous continuez à poser les mêmes questions et nous vous donnons les mêmes réponses. Nous travaillons à nous assurer que la sécurité soit de la plus haute importance au Nouveau-Brunswick – la sécurité de l’eau potable, la sécurité de l’air, la sécurité du sol où pousse notre nourriture… et par-dessus tout, la sécurité des gens qui vivent dans la province», a martelé le ministre. 

Plus tard, à l’extérieur de la Chambre, M. Fitch a dit qu’il était tout à fait d’accord avec le propos de la ministre qui détenait le portefeuille de l’Environnement avant lui, Margaret-Ann Blaney.

Mme Blaney avait affirmé, il y a de cela quelques mois, que si le développement de l’industrie du gaz de schiste ne pouvait se faire de façon sécuritaire pour l’environnement, il n’aurait tout simplement pas lieu.