Avec une bonne connexion Internet, tout est possible!

DIEPPE – Dan Martell et Stew Langille ont quitté le Nouveau-Brunswick pour tester leurs connaissances et leurs idées chez nos voisins du Sud. Philippe LeBlanc a quant à lui incorporé son entreprise dans la province, mais développe son produit à Toronto.

Est-ce possible de bâtir une entreprise dans le secteur des nouvelles technologies au Nouveau-Brunswick? 

La firme néo-brunswickoise de surveillance des médias sociaux, Radian6 Techno-logies, l’a prouvé en 2011 quand elle a été vendue à la californienne Salesforce.com. 

Quoique les chiffres exacts de la transaction ne sont pas dévoilés, la vente a rapporté au Fonds de l’innovation du Nouveau-Bruns-wick, qui avait investi dans l’entreprise, plus de 9,25 millions $.

C’est donc possible. D’ailleurs, le projet de Philippe LeBlanc, Flixel, est financé par des intérêts néo-brunswickois. Par contre, il a frappé un mur quand il est venu le temps de trouver des employés qui possèdent les connaissances nécessaires pour construire une application complexe roulant sur des appareils mobiles d’Apple.

«La beauté de la technologie en ce qui a trait à une application pour iPhone ou un produit relié à Internet, la position géographique importe peu puisque le marché est mondial. Il n’y a pas de limites. Toutefois, j’avais besoin de spécialistes pour la programmation iPhone et le talent s’est trouvé à Toronto. Si j’avais trouvé le même talent au N.-B., le développement aurait pu facilement se faire ici», a avancé celui qui songe quitter son pays pour San Francisco ajoutant que les bons programmeurs sont difficiles à trouver et généralement embauchés par des géants comme Google, Facebook ou Microsoft.

Dan Martell a fait ses premiers pas en tant qu’entrepreneur dans sa province natale. Quoiqu’il habite San Francisco, il n’a jamais vraiment quitté le Nouveau-Brunswick. Il est parti pour apprendre, mais aussi pour un jour faire bénéficier son savoir aux entrepreneurs d’ici.

«Ce n’était jamais de laisser le Nouveau-Brunswick. C’était de venir ici (San Francisco) et construire un pont entre la province et cette région de la Californie. Je crois que je fais un bon travail de cette façon», a précisé M. Martell rappelant son blogue destiné aux entrepreneurs canadiens, Maple Butter.

Stew Langille, président-directeur général et cofondateur de Visual.ly croit que les Canadiens ont de bonnes idées et de bonnes intentions. Il est cependant plus difficile de trouver du financement à haut risque chez les particuliers, des investisseurs providentiels (angel investor).

«La partie la plus difficile – non seulement pour le Nouveau-Brunswick, mais pour le Canada en général – c’est le manque d’investisseurs providentiels. C’est très frustrant parce qu’il ne manque pas de Canadiens avec de bonnes idées et de Canadiens qui peuvent construire une entreprise», a expliqué M. Langille avançant qu’il existe pourtant de bonnes options lorsque les entreprises ont de bonnes bases.

Alors, pour réussir en affaires dans le domaine des nouvelles technologies, il faut déménager? Pas nécessairement répondent les trois entrepreneurs à cette question. 

Avec une bonne connexion Internet, tout est possible. Silicon Valley offre néanmoins une expertise unique en Amérique du Nord et quelque chose dans l’air donne envie aux gens de se lancer en affaires.