Les citoyens de Caraquet veulent avoir leur mot à dire

CARAQUET – Contrairement à Patrick Bruel, les participants du Mouvement des impliqués de Caraquet pour une réflexion ouverte – le MICRO pour les intimes – ne se redonneront pas rendez-vous dans 10 ans. Le mouvement citoyen compte plutôt se revoir l’an prochain, signe que les débats de dimanche, tenus à l’école communautaire Marguerite-Bourgeoys, se sont bien déroulés.

C’est du moins l’avis des coresponsables du MICRO, Renée Blanchar et Allain Roy. La première mentionne en entrevue avec les médias être portée par de nouvelles idées à l’issue de sa participation aux différents ateliers de dimanche. Le second résume l’expérience comme un exemple «très touchant» de «solidarité humaine».

Beaucoup de choses se sont dites au cours de cette rencontre ayant réuni plus de 75 personnes et qui avait pour but de donner la parole aux citoyens de Caraquet sur le présent et le futur de leur municipalité. À peu près tous les champs d’activités y sont passés, du développement économique aux arts, en passant par l’urbanisme, l’environnement et la jeunesse, et plusieurs autres.

Parmi les éléments mentionnés dans les débats et en assemblée plénière, les citoyens de Caraquet veulent être davantage consultés pour des projets de nature économique, par exemple le futur Sobeys.

Plusieurs se sont également montrés inquiets de la «facilité» avec laquelle la municipalité semblait jongler avec le rezonage de certains espaces résidentiels pour en faire des secteurs commerciaux. D’autres se sont aussi montrés soucieux du fait que les bâtiments patrimoniaux de la ville paraissaient être entraînés dans le même glissement, quelques-uns ayant été détruits dans les derniers mois, malgré une loi municipale qui devait les protéger.

En matière d’environnement, les participants se sont entendus sur la nécessité de protéger et d’encourager le développement de la foresterie urbaine et de créer un mécanisme d’assistance auprès de la population pour en faire la promotion.

La jeunesse et la famille étaient également au coeur des préoccupations. Quelques jeunes ont d’ailleurs pris part aux ateliers, affichant clairement leur volonté d’avoir davantage d’espace dans leur municipalité, notamment par le biais de nouveaux espaces de jeux, d’un lieu servant à la fois pour les loisirs et le développement de leurs talents artistiques, ainsi qu’une «maison intergénérationnelle», où l’ensemble de la communauté participerait à l’essor de la jeunesse.

«En somme, les gens veulent valoriser ce qu’il y a déjà en ville et voir ce que l’on peut faire de mieux», exprime Renée Blanchar, avouant toutefois que Rome ne s’est pas bâtie en un jour.

«C’est sûr que nous ne pourrons pas développer toutes ces idées du jour au lendemain. Mais si les citoyens continuent de travailler ensemble, je crois que le prochain conseil municipal n’aura pas le choix de les écouter. Ce serait également stupide de sa part de mettre nos conclusions sur des tablettes. D’où l’importance de ne pas lâcher prise», signale la cinéaste et citoyenne de Caraquet.

À cet égard, quelques citoyens à qui nous avons parlé au cours de l’après-midi nous ont mentionné leur désir de prendre part davantage aux activités de leur municipalité.

«Le MICRO nous a donné l’occasion d’exprimer notre point de vue comme nous n’avons pas souvent l’occasion de le faire. Le processus de gouvernance municipale doit être plus ouvert et plus participatif pour les citoyens», affirme Peter Zahrndt, résidant de Caraquet depuis 40 ans.

Un autre citoyen, Roger Gionet, abonde dans le même sens.

«J’ai déjà assisté à des réunions du conseil municipal et nous n’avons pas la chance de donner notre point de vue. Je me suis toujours dit qu’à ma retraite, j’allais participer davantage au développement de ma ville; maintenant que je le suis, j’ai vraiment envie de le faire», déclare-t-il.