Le premier homme à traverser le Canada en vélo à main s’arrête à Shediac

SHEDIAC – Le trajet transcanadien de Michel Garant est presque complet. L’homme paraplégique, qui a quitté Vancouver sur son vélo à main le 9 juillet, est passé par Shediac mercredi pour une baignade et du homard.

Le 26 février 2004, Michel Garant, un homme passionné de la vie, a subi une vilaine chute en planche à neige. Alors qu’il effectuait un virage, il a perdu le contrôle de sa planche et a basculé dos premier, dans un arbre qui longeait la piste.

«Le soir même, avant que la secouriste arrive, j’ai dit à mon chum que je ne sentais plus mon ventre… je savais que j’étais paralysé.»

«Avec l’aide de ma conjointe, de mes enfants et de mes proches, on a remonté la côte. C’est là que tu vois tes vrais amis», a dit M. Garant.

Presque immédiatement après cet incident, l’entrepreneur de carrière s’est mis à chercher un nouveau canal pour sa joie de vivre. Une solution lui arriva peu après sous la forme d’un vélo à main. Petit à petit, M. Garant a pris de la force sur son tricycle. Au début de 2012, il a approché la Fondation Mira et lui a présenté son intention de devenir le premier homme paraplégique à traverser le Canada sur un vélo à main.

«Je suis bien sûr qu’on va atteindre notre objectif de cinq chiens pour la Fondation Mira. Cela vaut 150 000 $. On est rendu à
72 000 $, donc environ deux chiens et une patte en avant», a lancé M. Garant en riant.

Chaque matin depuis le 9 juillet, M. Garant roule, beau temps mauvais temps de six heures à sept heures et demie par jour, à des vitesses frôlant les 30 km/h. Sa plus longue journée: 190 km dans les plaines de Saskatchewan.

Plusieurs moments ont marqué le périple de M. Garant. Un de ceux-ci l’a touché plus que les autres.

«Je terminais une journée d’une centaine de kilomètres en Saskat­chewan. J’ai regardé sur le bord du chemin, puis j’ai vu un homme couché près de son vélo. Je lui ai dit: “Es-tu mort? Est-ce que tu as besoin d’aide?”… Je trouvais qu’il avait un âge assez spécial. Il avait 90 ans. Il est parti de Vancouver, puis il allait à Hamilton, en Ontario, pour les maladies du coeur. Je l’ai emmené souper avec nous autres, puis il nous a raconté son histoire. Le lendemain, il a fait un bout de chemin avec moi. C’était très spécial.»

Lors de sa visite dans la capitale du homard, M. Garant a ajouté une autre histoire à sa banque d’anecdotes. En plus d’avoir dégusté du homard frais avec des membres de sa famille, il a vécu un moment unique sur la plage Parlee.

«Hier, j’ai fait 87 kilomètres, puis, à 14 h 30, je suis arrivé à la plage. Je ne me suis pas baigné de l’été, puis je suis un gros nageur. Je me suis garroché par terre. Ma femme m’a dit qu’elle m’aiderait, mais j’ai refusé. Je lui ai demandé: “Tu n’as jamais vu une grosse tortue se rendre à l’eau?”»

Michel Garant a fait son trajet en deux temps. Tout d’abord, il a parcouru de Vancouver à Lévis, la ville où il habite. Ce soir-là, il n’est pas resté chez lui, étant donné que son voyage n’était pas terminé. Le lendemain, il a pris l’autobus pour Sydney, en Nouvelle-Écosse. Il effectue maintenant la dernière ligne droite jusqu’à Lévis.

Plus de détails, des photos et des vidéos du voyage de Michel Garant sont disponibles sur Internet (www.michelgarant.ca).