Une mère aura bientôt l’esprit en paix

SHEDIAC – Le corps de Steve Gallant, mort à l’âge de 3 mois en 1982, sera déterré mardi matin afin de savoir s’il est le fils de Jeannine et Léonce Gallant.

Le combat de Jeannine Gallant sera bientôt terminé. Depuis 30 ans, elle est à la recherche de son fils.

En août 1982, la femme de Shediac a donné naissance à un garçon, Steve, à l’Hôpital Dr-George-L.-Dumont de Moncton. Environ trois mois plus tard, le bébé est mort. Mme Gallant a toujours eu des doutes par rapport à l’identité de son fils. Elle suspecte qu’il aurait été changé lors d’un transfert au Moncton Hospital pour traiter ses pieds, qui avaient une malformation.

«Trois jours plus tard, quand je suis finalement arrivée à l’hôpital anglais, j’ai dit au médecin que ce n’était pas mon bébé, a raconté la mère. Il m’a dit que la petite carte sur son lit disait que c’était bébé Gallant. Je lui ai répondu que je voyais la carte, mais que ce n’était quand même pas mon bébé.»

Le 17 août 2012, Mme Gallant a obtenu la permission du ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick d’exhumer le bébé, qui se trouve au cimetière de Shediac. Elle versera elle-même les coûts de 200 $ pour creuser une fosse et 1500 $ pour effectuer les tests d’ADN au Paleo-DNA Laboratory de l’Université Lakehead, à Thunder Bay, en Ontario.

Des inconstances dans les documents concernant le décès de Steve Gallant ont semé des doutes additionnels dans l’esprit de Jeannine Gallant. Un rapport de la Maison funéraire Frenette indique que le bébé a été cueilli par son établissement le 21 août 1982, mais un document du Moncton Hospital soutient que le bébé est décédé le 21 novembre 1982.

«Sur un autre papier concernant le décès, le nom d’une autre femme a été rayé puis mon nom a été inscrit par-dessus, a ajouté Mme Gallant. De plus, selon les papiers de l’hôpital, le bébé serait décédé d’une hépatite virale, mais un autre papier dit qu’il est mort d’un arrêt cardiaque.»

La vie des Gallant a continué depuis l’automne 1982. Jeannine a maintenant deux autres enfants et trois petits-enfants. Par contre, elle est toujours hantée par la mémoire de son fils, Steve.

«Tous les jours, je cherche mon enfant, a avoué Jeannine Gallant. Ça fait 30 ans que je
le cherche lui. Je fête tous ses anniversaires. Je ne peux plus aller à la Place Champlain ou à n’importe quel endroit où il y a de grandes foules parce qu’à chaque homme qui passe, je me demande si c’est mon garçon. Ça me rend terriblement folle.»

Mme Gallant s’est dite soulagée que sa longue épreuve soit à la veille de s’achever.

«Il n’y a pas d’argent sur la terre qui peut se comparer à ce qui va m’arriver demain. Si c’est mon garçon, c’est bon pour moi. S’il n’est pas là, ils (l’hôpital) doivent le trouver.»

L’exhumation devait avoir lieu lundi, mais a été reportée à mardi à cause du mauvais temps annoncé. Les résultats des tests d’ADN seront connus dans 4 à 6 semaines.