Assurance-emploi: il n’est pas trop tard pour faire plier Ottawa, croit Yvon Godin

BATHURST – Prévue officiellement le 6 janvier 2013, l’entrée en vigueur de la nouvelle réforme de l’assurance-emploi ne fera qu’envenimer le conflit entre le gouvernement Harper et les opposants aux changements, croit le député d’Acadie-Bathurst, Yvon Godin.

Depuis plusieurs mois, le député néo-démocrate s’illustre comme l’un des principaux porte-parole contre la réforme, et ce, non seulement dans les médias néo-brunswickois, mais aussi dans les médias nationaux.

Pour l’homme politique, l’entrée en vigueur le 6 janvier ne doit pas être prise pour un fait accompli et il est indispensable de maintenir la campagne et les manifestations contre les changements. Une grande manifestation doit avoir lieu à Inkerman, dans la Péninsule acadienne, le 26 janvier.

«Le NPD va continuer de mener une campagne contre la réforme et de poser des questions dans la Chambre des communes. On va suivre ça de près. Les gens sont descendus dans la rue pour manifester contre le gouvernement, on les a appuyés et on va continuer de le faire», souligne Yvon Godin.

Cette réforme fait en sorte que les chômeurs doivent accepter tout «emploi raisonnable», parfois à une heure de route de leur maison ou dans un domaine d’emploi qui leur est étranger, sinon ils risquent de perdre leurs prestations.

Les «utilisateurs fréquents» du système seront les plus touchés. Les travailleurs devront aussi accepter des emplois à 70 ou 80 % du salaire de l’emploi perdu.

Parmi les plus grandes préoccupations du député figure aussi l’élimination en avril du Conseil arbitral au profit d’une nouvelle entité: le Tribunal de la sécurité sociale.

Actuellement, des conseils arbitraux existent dans chaque région du Canada et permettent aux prestataires de l’assurance-emploi d’apporter leur cause en appel.

Selon la Gazette du Canada, journal officiel du gouvernement du Canada, le Tribunal de la sécurité sociale (TSS) maintiendra cette même fonction, mais à un coût moindre pour les contribuables, car elle sera composée d’une seule administration centralisée à Ottawa.

«J’ai peur que les gens qui seront refusés à l’assurance-emploi soient placés sur des listes d’attente incroyables et que ça prenne des mois avant de pouvoir se faire entendre. Je trouve que c’est terrible. Je ne pense pas que ça va marcher du tout. Ils (les membres du TSS) ne connaissent pas les régions dans lesquelles les gens vivent et les problèmes d’emploi là-bas», fustige Yvon Godin.

Les conservateurs ont toujours défendu la réforme et rappellent que le but principal est de permettre aux bénéficiaires d’assurance-emploi de trouver un emploi et de retourner sur le marché du travail.

Le mois dernier, le député conservateur Bernard Valcourt a indiqué à l’Acadie Nouvelle que les règles demeureront les mêmes.

«Le seul changement, c’est que le prestataire doit faire la preuve qu’il cherche activement un emploi et ça, c’est parfaitement raisonnable», a-t-il dit.

Mettre les prestataires au courant des emplois disponibles dans la région n’est pas un mal en soi, soutient Yvon Godin. C’est plutôt la nature de la réforme qui agace le député.

«De dire aux gens qu’il y a des emplois, personne ne peut être contre ça, mais d’aller voir trois fois par semaine et de dépenser 60 $ en essence pour se déplacer et chercher pour des emplois qui n’existent pas? Je vais te donner l’exemple des Îles-de-la-Madeleine, il y a trois emplois disponibles sur l’île (NDLR: Après vérification, Emploi Québec recense six emplois sur l’île) et ils sont plus d’une centaine à la recherche d’emploi», indique le député.