Une année décisive pour la SANB

CARAQUET – Révision de la Loi sur les langues officielles, relance de l’immigration francophone, plan de rattrapage pour les soins en français, autant de sujets qui représentent des raisons d’espérer pour la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick en 2013.

Son président, Jean-Marie Nadeau, réélu cet été pour un troisième mandat, met l’accent sur les «aboutissements» à entendre en 2013. La révision de la Loi sur les langues officielles fait naturellement figure de plat de résistance.

«On espère qu’elle sera moderne et audacieuse, qu’elle viendra confirmer l’égalité réelle tant souhaitée par la communauté acadienne», indique M. Nadeau.

«Près de 700 personnes ont signé cet automne une lettre signifiant leur attachement à cette égalité. Elles sont en droit de s’attendre à des gestes audacieux. Le gouvernement et le Parti libéral ne peuvent pas feindre de ne pas savoir à quoi aspire la communauté acadienne», ajoute-t-il.

Ce toilettage de la législation, dont la conclusion est attendue pour ce printemps, a mobilisé la communauté acadienne depuis plus de deux ans, souligne le président de la SANB.

«On a entamé le processus dès juillet 2010 avec l’Association des juristes d’expression française et l’Observatoire international sur les minorités linguistiques. Plus de 500 mémoires et interventions ont été faits pendant le processus et on s’en réjouit», précise M. Nadeau.

Les principales avancées qu’attend la SANB concernent tout autant la place du français dans l’affichage public que le droit de travailler en français dans la fonction publique, mais il s’agit aussi de «bilinguiser les ordres professionnels ou encore rapatrier les foyers de soins sous la Loi sur les langues officielles pour nos aînés francophones», poursuit Jean-Marie Nadeau.

En attendant d’avoir la confirmation que le gouvernement répondra bien aux attentes de la communauté acadienne, le président de la SANB a trouvé un motif de satisfaction dans le dernier discours du Trône.

«Le gouvernement est conscient de la nécessité de faire des efforts supplémentaires pour attirer plus d’immigrants francophones et ça, c’est encourageant. Nos efforts ont permis de passer de 4 % d’immigrants francophones à 12 %, mais nous sommes quand même loin du 33 %.»

Le plan de rattrapage des soins en français dévoilé cet automne par le gouvernement du Nouveau-Brunswick représente aussi «une avancée extraordinaire», même s’il est «imparfait et qu’il ne demande qu’à être amélioré, n’oublie pas Jean-Marie Nadeau. Au moins, c’est la première fois qu’il y a une reconnaissance des inégalités de service entre les deux régies de la santé et des besoins de rattrapage.»

«Pour 2013, ce n’est pas le travail qui manque.»