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Jean-Michel Gionet écope de quatre ans de prison 

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BATHURST – Le juge de la Cour du Banc de la Reine de Bathurst a suivi la recommandation commune des avocats de la Couronne et de la défense en condamnant Jean-Michel Gionet, âgé de 22 ans, à quatre ans de prison, moins les cinq mois qu’il a passés en détention préventive.

Le juge Réginald Légère a rendu son verdict vendredi après-midi. Jean-Michel Gionet passera donc 43 mois derrière les barreaux. Faisant face à une accusation de meurtre au second degré, il avait plaidé coupable à une infraction moindre, d’homicide involontaire, en novembre dernier.

Le jeune homme a tué le conjoint de fait de sa mère, Stéphane Savoie, par arme à feu, le 28 mai 2011, dans l’appartement qu’ils partageaient à Saint-Simon.

«Ce sont des faits tristes. Il ne faut jamais oublier qu’il y a quelqu’un qui est décédé dans cette affaire. Nous ne pouvons que penser à la victime. Mais de l’autre bord de la médaille, il y a un accusé. Et dans les circonstances, nous pensons que c’est une peine juste et équitable», a déclaré Me Luc Roy, l’avocat de M. Gionet.

Jeudi, le ministère public et la défense ont présenté une recommandation conjointe concernant la sentence. Ils réclamaient la peine minimale, soit quatre ans de prison à l’endroit du prévenu, tout en soustrayant le temps qu’il avait passé en prison préventive, de mai à octobre 2011.

«Nous pensions que notre peine était raisonnable dans la circonstance. La jurisprudence du Nouveau-Brunswick et canadienne indiquent que le juge peut seulement diverger de notre soumission s’il croit qu’elle est contraire à l’ordre public, déraisonnable ou en dehors de la norme. Dans les circonstances particulières, nous n’avions pas de raison de croire qu’il allait y avoir divergence de la part du juge sur notre recommandation», a commenté Me Pierre Gionet, le procureur de la Couronne, après le verdict.

Tout en ne minimisant pas la nature du crime commis et ses effets dévastateurs sur la famille de Stéphane Savoie, le juge a reconnu des circonstances atténuantes à Jean-Michel Gionet.

En effet, l’inculpé a été victime des violences physiques et verbales pendant plus d’une décennie de la part de M. Savoie, qui lui servait de père depuis que sa mère avait commencé à le fréquenter alors qu’il avait 9 ans.

Le juge a noté que le jeune homme souffrait de stress post-traumatique sévère résultant d’une longue exposition à la violence, lorsqu’il a commis son geste irréparable. Après le drame, il a reçu un diagnostic de maladie de Crohn.

En mars 2012, Jean-Michel Gionet a obtenu son diplôme du secondaire, ce qu’il ne pensait pas accomplir lorsqu’il été arrêté en mai 2011.

Il ne possédait aucun dossier criminel antérieur et ne souffre d’aucune dépendance, que ce soit la drogue, l’alcool ou le jeu.

Eu égard à tous ces éléments, mais surtout parce qu’il a exprimé des remords sincères, la Cour ne croit pas que Jean-Michel Gionet va récidiver. Son avocat se range du même avis.

«Je doute très fort qu’on revoie M. Gionet devant les tribunaux. Il va avoir l’encadrement nécessaire dans un pénitencier fédéral pour ses problèmes psychologiques, car c’est certain qu’il a des séquelles. Comme le juge l’a mentionné, c’est un jeune homme qui ne l’a pas eu facile. Après que sa peine sera terminée, je pense qu’il sera un membre très productif de la société», a souligné Me Roy.

Le matin du drame, une dispute a opposé Stéphane Savoie à Jean-Michel Gionet, celui-ci lui reprochant d’être rentré au petit matin. M. Savoie a demandé au jeune homme de faire ses valises et de quitter l’appartement. Il aurait tenté d’entrer de force dans la chambre du jeune homme et c’est à ce moment-là que Jean-Michel Gionet a tiré trois coups de feu sur son beau-père, le touchant à la poitrine, à l’abdomen et au dos. La victime était âgée de 39 ans.

Béatrice Seymour
À propos de Béatrice Seymour

Née en Guadeloupe, une île française, Béatrice Seymour habitait dans la région parisienne avant de découvrir le Canada, au milieu des années 1990. Après des études de droit à Paris, elle a œuvré dans le monde des affaires, à Bathurst. Au début des années 2000, Béatrice a décidé de réaliser...
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