Membre du groupe Acadie Média|Dimanche 21 décembre 2014
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Manif devant les bureaux du député Goguen 

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MONCTON – En colère contre la réforme fédérale de l’assurance-emploi, certains manifestants, parmi une foule d’environ 300 personnes, ont brûlé des pancartes devant le bureau du député conservateur Robert Goguen, à Moncton, vendredi matin. Les opposants provenaient du sud-est de la province, mais aussi du comté de Kent et de la Péninsule acadienne.

La réforme, qui resserrera les critères pour les demandeurs et prestataires, doit entrer en vigueur dimanche. Elle inquiète particulièrement les travailleurs saisonniers, nombreux dans les Provinces atlantiques.

«Je pense que les chômeurs seront harcelés par un système qui force tout le monde à aller constamment chercher dans des endroits où ils savent qu’il n’y a pas d’emplois. De plus, ils seront forcés à accepter un emploi à une heure de route de la maison et qui paie moins que le précédent», a expliqué Michel Richard, porte-parole des opposants et organisateur à l’Union des pêcheurs des Maritimes.

Les manifestants ont invité la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences, Diane Finley, à venir rencontrer les travailleurs qui seront touchés par la réforme pour qu’ils lui fassent part de leurs préoccupations.

«On lui demande de mettre ses bottes d’hiver, si elle en a, pour venir nous voir ici et rencontrer les comités qui vous (les manifestants) représentent pour discuter des changements qui sont possibles», a dit M. Richard devant l’imposante foule visiblement en colère.

L’invitation a officiellement été faite dans une lettre envoyée à la ministre. Les opposants à la réforme lui demandent de braver le froid et de venir visiter les régions rurales du Nouveau-Brunswick afin de constater la «réalité» et le type d’économie qui y domine.

Les manifestants ont fixé au 14 janvier la date limite pour recevoir une réponse de Mme Finley, sans quoi les moyens de pression se poursuivront. D’ailleurs, une autre manifestation doit avoir lieu à Inkerman, dans la Péninsule acadienne, à la fin janvier.

«Aux députés fédéraux du Nouveau-Brunswick, si vous ne voulez pas nous écouter, nous allons vous mettre au chômage», a lancé Danny Léger, du Syndicat canadien de la fonction publique, sous les applaudissements des manifestants.

Ulysse Boudreau, de Cap-Pelé, est un travailleur de la construction et un ancien pêcheur. Il s’est déjà exilé dans l’Ouest canadien pour y travailler, mais son amour pour son coin de pays l’a fait revenir. Il est cependant confronté à une réalité, il n’y a tout simplement pas de travail pour lui dans son coin de pays durant la saison froide.

«C’est malaisé parce que ça ne “boom” pas. Je suis un travailleur de la construction, qu’est-ce que je vais faire d’autre? Je ne suis pas un maître d’école. Je veux rester au Nouveau-Brunswick et continuer à y payer des taxes. Je l’ai fait toute ma vie et je veux continuer à le faire», a confié M. Boudreau.

Même son de cloche chez un autre travailleur saisonnier, Jean-Guy Martin, qui affirme chercher du travail, mais il n’a tout simplement rien chez lui à Baie-Sainte-Anne.

«On a besoin de l’assurance-emploi pour l’hiver quand il n’y a pas d’ouvrage. Le gouvernement veut qu’on aille travailler pour le salaire minimum, mais qu’il nous donne de l’emploi et on ira travailler», a dit M. Martin.

Même s’il se dit conscient de la faible possibilité que le gouvernement fasse marche arrière, Daniel Légère demande l’annulation de la réforme et le lancement de nouvelles consultations, puisque, dit-il, la réforme portera un dur coup aux économies locales.

«C’est le temps de “scraper” la réforme!», ont scandé en cœur les manifestants, en laissant leurs pancartes devant le bureau du député Robert Goguen, avant de se disperser. À noter que M. Goguen brillait par son absence.