Vandalisme au Restigouche: un premier accusé reçoit sa sentence

CAMPBELLTON – Un premier accusé impliqué dans la vague de vandalisme qui a frappé plusieurs communautés restigouchoises entre août et octobre 2012 a reçu sa sentence, vendredi matin, à la Cour provinciale de Campbellton.

«En 35 ans de pratique, j’ai rarement vu des crimes aussi ingrats et cruels commis à l’encontre d’autant de communautés, commerces et individus. Ce sont des gestes égoïstes, antisociaux, criminels et perpétrés par des gens sans cœur!»

Le juge Stephen Hutchinson n’a pas mâché ses mots pour décrire son mépris face aux nombreux actes de vandalisme commis il y a quelques mois par Curtis Robichaud, Patrick Fitzgerald et un troisième suspect, celui-là d’âge mineur, donc qui ne peut être identifié puisqu’il tombe sous la Loi des jeunes contrevenants.

C’est d’ailleurs à ce dernier que le juge s’adressait vendredi matin tout juste avant de lui livrer sa sentence. Rappelons qu’en une semaine lui et ses acolytes ont commis pour plus de 120 000 $ en dommages à plusieurs commerces et institutions de la région.

Une nouvelle accusation a d’ailleurs été déposée avant la lecture de la sentence de l’accusé, soit celle d’avoir volé un véhicule appartenant à la Ville de Campbellton. Ce nouvel incident remonte au 18 juin 2012 où l’accusé et un complice se sont emparés d’un camion municipal. Cependant, un témoin les a pris en chasse et les deux jeunes gens ont dû se résigner à abandonner leur bien et à prendre la fuite à pied.

À la lumière de toutes ces accusations, la Couronne et la défense ont élaboré une proposition conjointe, une proposition avouée beaucoup plus basée sur la réhabilitation que sur la répression. Le juge a acquiescé à la demande des deux parties, condamnant le jeune contrevenant à six mois de placement sous-garde (assignation à domicile), 24 mois de probation (comprenant, entre autres, une interdiction de contact avec Curtis Robichaud et de fréquentation des sites vandalisés), 80 heures de travaux communautaires et l’obligation de fournir un échantillon d’ADN.

«Ces gestes sont très difficiles à comprendre. Ce n’est pas comme quelqu’un qui récolte un bénéfice quelconque d’un crime, un vol par exemple. Dans ce cas-ci, les motivations pour tout saccager sont incompréhensibles, illogiques», a commenté le juge, avouant du même coup que sa sentence risque d’en choquer quelques-uns. «Certaines gens dans la communauté diront que cette sentence est trop clémente par rapport aux gestes posés. Mais ce qui me préoccupe davantage pour le moment, c’est la réhabilitation de l’accusé qui est encore d’âge mineur. Vous êtes maintenant à un carrefour de votre vie. Prenez ce temps pour bien réfléchir à ce que vous voulez qu’elle soit à l’avenir», a-t-il mis en garde l’accusé.

Les deux autres personnes impliquées dans cette affaire – Curtis Robichaud (24 ans) et Patrick Fitzgerald (19 ans) – recevront respectivement leur sentence les 18 et 23 janvier prochains. À leur liste d’accusations devraient s’ajouter des méfaits commis à l’aréna de Saint-Arthur, à l’Aéroport de Charlo et à l’ancien Cedar Lodge de Pointe-la-Nim.

Rappel des faits
À la fin septembre, l’accusé de Val-d’Amour âgé de 17 ans est d’abord entré par effraction à l’école Mgr-Melanson de Val-d’Amour, causant des dommages à plusieurs vitres, portes et salle de classe. Il a par la suite incendié une remise appartenant à la Garderie Les Dérouillards, remise servant notamment à ranger des jouets (qui se sont d’ailleurs envolés en fumée avec la remise).

La semaine suivante, plus précisément le 8 octobre, le trio a saccagé le Club de golf Restigouche. En plus de causer plusieurs méfaits à l’intérieur du chalet, ils ont également causé des dommages au terrain, abîmé bon nombre de voiturettes (qu’ils utilisaient comme autotamponneuses), défoncé plusieurs casiers appartenant à des membres et voler de nombreux articles pour le golf (tant aux membres qu’à la boutique du club). Seulement pour le chalet principal et le terrain, on estime les dégâts à quelque 65 000 $. Ce chiffre grimpe à près de 90 000 $ en incluant les dommages aux voiturettes et les vols chez les particuliers.

Après ce méfait, les trois suspects s’en sont pris au Rest’O’Park d’Eel River Crossing. Encore là, l’accusé a participé – voire initié – une tentative d’incendie d’une enseigne qui, même si elle a échoué, a causé plusieurs milliers de dollars en dommages en raison de la fumée.