Université de Moncton: un pas de plus vers l’abandon de certains programmes

MONCTON – L’avenir de plusieurs programmes est plus incertain que jamais à l’Université de Moncton. L’Acadie Nouvelle a appris que l’abandon de neuf programmes, notamment de droit, d’éducation, d’arts visuels, de sociologie et d’économie, pourrait très bien se concrétiser au cours des prochains mois si un comité d’évaluation n’est pas convaincu très prochainement de changer son fusil d’épaule.

Des quelque 180 programmes offerts par l’Université de Moncton, certains attirent bien peu d’étudiants. En février 2011, le Sénat académique de cet établissement a créé un comité, qu’il a chargé d’étudier la viabilité de ceux dont le nombre de diplômés est le plus faible.

Ce comité a reçu le mandat de se pencher sur les programmes de premier cycle (les baccalauréats) ayant une moyenne de diplômés par année inférieure à trois au cours de la dernière décennie. Pour le deuxième cycle (les maîtrises), ce seuil a été fixé à 1,5. Dix-huit programmes ont été identifiés ainsi.

Le Sénat académique a donné le mandat aux membres du comité d’évaluer plusieurs paramètres dont l’allocation des ressources, la pertinence sociale, les perspectives de développement, le nombre de cours optionnels et le taux de placement des diplômés. Le Sénat lui a demandé de s’appuyer sur ces paramètres afin de formuler des recommandations sur l’avenir des 18 programmes visés. Tous les scénarios étaient envisagés; du maintien à l’abandon, en passant par le plan de relance.

L’Acadie Nouvelle a appris que ce comité a fait parvenir ses recommandations provisoires aux responsables des programmes visés à la fin septembre 2013. Nous avons aussi appris que le comité recommande l’abandon de neuf programmes.

Au premier cycle, il s’agit des baccalauréats ès arts avec spécialisations en économie, en arts visuels (orientation enseignement) et en sociologie ainsi que du baccalauréat appliqué en intervention touristique (un programme conjoint avec le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick). Dans le cas du programme de six ans en arts visuels, le comité recommande qu’il soit remplacé par un baccalauréat combiné de cinq ans en arts visuels-éducation.

Au deuxième cycle, l’abandon des maîtrises en droit et en français a été recommandé provisoirement. La Faculté d’éducation n’y échappe pas, puisque le comité recommande qu’elle fasse passer le nombre de maîtrises axées vers la recherche de quatre à une. Comme les quatre maîtrises professionnelles offertes par la Faculté d’éducation n’étaient pas à l’étude par le comité, elles ne sont pas en danger.

Il faut noter qu’il s’agit bien de recommandations provisoires et que l’abandon de ces programmes n’est pas encore chose faite. C’est un élément clé afin de comprendre ce dossier.

Les responsables des programmes ont jusqu’au 1er novembre pour répondre au comité d’évaluation. Ceux qui le souhaitent peuvent donc tenter de le convaincre de ne pas mettre la hache dans leur programme.

Le comité devrait rendre son rapport final au président du Sénat académique en décembre prochain. On connaîtra le dénouement de cette affaire en mars 2014, lorsque le Sénat académique (la plus haute instance académique de l’U de M) se prononcera sur les recommandations finales du comité.

Après que nous avons appris ces informations, nous avons tenté d’obtenir une interview de l’Université de Moncton. La directrice des communications, Thérèse Thériault, a envoyé l’Acadie Nouvelle chez le président du comité d’évaluation et doyen de la Faculté d’éducation de l’établissement, Jean-François Richard. Ce dernier a accepté de nous parler, mais a refusé de confirmer la véracité des informations obtenues par l’Acadie Nouvelle et n’a pas voulu faire de commentaires sur les recommandations.