Universités: hausse du financement et plafonnement des droits de scolarité (VIDÉO)

FREDERICTON – Le gouvernement de David Alward augmente le financement des universités de 4 % sur deux ans et plafonne du même coup les hausses des droits de scolarité à 9 % sur trois ans.

Les universités publiques du Nouveau-Brunswick auront un outil de plus lorsque viendra le temps de préparer leur prochain budget. Fredericton a annoncé mercredi une augmentation du financement des universités de 2 % par année pour les deux prochaines années.

Le gouvernement plafonne par la même occasion la hausse des droits de scolarité à 3 % par année pour trois ans.

«C’est la première fois qu’un gouvernement (néo-brunswickois) offre un engagement concret de financement (pluriannuel) avant le dépôt de son budget», a déclaré le premier ministre.

La nouvelle n’a pas manqué de réjouir les recteurs des quatre universités publiques qui ont assisté à l’annonce à Fredericton.

«Comparativement à l’année passée, c’est une nette amélioration», a signalé le recteur et vice-chancelier de l’Université de Moncton, Raymond Théberge.

Lors de son dernier budget, le gouvernement avait gelé le financement aux universités au niveau de l’année précédente tout en limitant à 150 $ la hausse des droits de scolarité. Les recteurs réclamaient d’ailleurs depuis longtemps un financement pluriannuel pour leur permettre de préparer leur budget à plus long terme.

«Même si nous avons des défis à l’université en terme de financement, ceci nous aide au moins à mieux planifier comment nous pouvons répondre à ces défis», a dit M. Théberge.

Les nouvelles mesures du gouvernement n’ont pas été accueillies du même oeil par le président de la Fédération des étudiants et étudiantes du Centre universitaire de Moncton.

«C’est encore une fois les étudiants qui sont les grands perdants. Je trouve ça inacceptable, déplorable», a confié Kevin Arseneau.

Une hausse planifiée des droits de scolarité reste une dépense de plus pour les étudiants, a-t-il souligné.

«Au lieu de régler le problème de l’endettement des étudiants, (le gouvernement) vient de nous annoncer que nous serons plus endettés», a dénoncé M. Arseneau.

Le recteur Théberge n’était pas en mesure de préciser sur-le-champ, mercredi, si son université aura effectivement besoin d’aller chercher chez les étudiants l’entièreté du 9 % autorisé sur trois ans.

«L’augmentation qui est proposée, c’est un maximum. Nous allons voir ce que l’on peut faire pour nous assurer que les augmentations seront les plus petites possible», a indiqué Raymond Théberge.

Selon lui, une hausse de 2 % du financement équivaut environ à 2 millions $ pour l’Université de Moncton tandis qu’une hausse de 3 % des droits de scolarité représente à peu près 175 $ par étudiant.

Plus de trois ans après son élection, le gouvernement de David Alward est passé près de réaliser l’une de ses promesses électorales, mercredi. En 2010, les progressistes-conservateurs avaient promis «des subventions pour quatre années consécutives à l’intention des universités et des collèges communautaires financés par la province».

Le ministre de l’Éducation postsecondaire, Jody Carr, a avancé mercredi qu’un programme modifié d’aide financière aux étudiants serait dévoilé «dans un avenir très rapproché».

Son prédécesseur, Dany Soucy, avait indiqué aux médias en avril que cette annonce aurait lieu en juin dernier.