Front commun national contre la réforme de l’assurance-emploi

MONCTON – Plusieurs groupes au pays ont fait front commun mardi, de l’Île-du-Prince-Édouard à Toronto, en passant par Moncton, pour demander au gouvernement de Stephen Harper de jeter la réforme de l’assurance-emploi à la poubelle.

À 9 h, mardi, 80 organismes contre la réforme de l’assurance-emploi du gouvernement fédéral ont fait une déclaration commune lors de points de presse qui se sont tenus simultanément à Charlottetown, à Moncton, à Montréal et à Toronto.

Ils demandent non seulement au gouvernement de Stephen Harper de revenir sur sa réforme en place depuis janvier, mais également d’améliorer les prestations d’assurance-emploi en augmentant, entre autres, le montant maximal de ces prestations et en éliminant la période de carence de deux semaines entre la perte d’un emploi et l’obtention des premières prestations.

«Au milieu des années 1970, il y avait 96 % des travailleuses et travailleurs qui étaient couverts par le régime. Aujourd’hui, c’est en dessous de 50 %. Ce n’est même pas un travailleur sur deux qui est protégé. Le régime a perdu son mandat de base de protection des travailleurs. On veut donc des améliorations pour bonifier les prestations et mieux protéger les Canadiens», a déclaré Guillaume Deschènes-Thériault, président du Comité d’action du Grand Moncton contre la réforme de l’assurance-emploi.

Au cours de la dernière année, une grande vague de contestations de la réforme a balayé l’est du pays. Cette vague a plutôt eu l’effet d’un tsunami en Atlantique où des centaines d’opposants ont marché dans les rues à plusieurs reprises décriant leur colère envers le nouveau régime d’assurance-emploi cet hiver et ce printemps. Le mouvement a cependant été plus silencieux cet été.

Toutefois, les opposants ne lâchent pas prise et relancent Ottawa avec diverses actions, comme celle de mardi.

«C’est évident que c’est difficile, mais il ne faut pas perdre espoir. Il faut continuer à pousser. C’est important de continuer à dénoncer la situation parce que les gens ne doivent pas oublier et ils doivent être conscients que ces changements sont présents et qu’il y a eu beaucoup de modifications au régime», a laissé tombé M. Deschènes-Thériault.

Selon Daniel Léger, président du Syndicat canadien de la fonction publique pour le Nouveau-Brunswick, soutient par ailleurs que les manifestations de cette année ont eu un grand impact un peu partout en Atlantique.

«Les visites d’agents non annoncées ont été arrêtées seulement au Nouveau-Brunswick. Le problème du trou noir a été résolu pour un an en raison de la pression qui a été exercée sur le gouvernement provincial. À l’Île-du-Prince-Édouard un député a quitté le Parti conservateur provincial pour aller du côté des libéraux en raison de la pression des gens de sa circonscription au sujet du dossier de l’assurance-emploi», a précisé M. Léger.

Patrick Colford, président de la Fédération des travailleuses et des travailleurs du Nouveau-Brunswick, rappelle que le programme d’assurance-emploi est important pour les Néo-Brunswickois puisque les emplois se font de plus en plus rares. Le gouvernement fédéral devrait plutôt tenter de trouver une meilleure stratégie de développement économique plutôt que de s’attaquer aux chômeurs, selon lui.

«Nous avons une épidémie de chômage dans ce pays et aucune stratégie d’industrialisation. Un vol direct vers l’Alberta sans retour n’est pas une stratégie industrielle», a décrié M. Colford.

Sur les 80 organismes qui ont signé la déclaration commune, 17 sont du Nouveau-Brunswick, dont la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick.

 

Bientôt une série de consultations

Le Comité des premiers ministres de l’Atlantique sur les changements apportés au régime d’assurance-emploi prendra le pouls de la population très bientôt.

Selon le président de ce comité, l’économiste et professeur à l’Université de Moncton Pierre-Marcel Desjardins, le processus de consultation devrait s’entamer incessamment. Il y aura par ailleurs des rencontres dans plusieurs régions de la province.

Le début de ces consultations au Nouveau-Brunswick devrait être annoncé prochainement.

Le mandat donné par les premiers ministres est de documenter l’impact dans les Provinces de l’Atlantique.

Le Conseil des premiers ministres de l’Atlantique a créé ce comité en juin, lors de leur réunion de White Point, en Nouvelle-Écosse.

Les premiers ministres des quatre provinces de l’Atlantique s’attendent à ce que les rapports dans chaque province fournissent une analyse détaillée des répercussions de la réforme de l’assurance-emploi du gouvernement de Stephen Harper dans la région.