Deux jeunes entrepreneurs de Shippagan s’accrochent à leur rêve

SHIPPAGAN -Même si les banques n’ont pas soutenu leur projet, Marie-Claude Cormier et Éric Chiasson ont réussi à ouvrir lundi l’unique boulangerie-pâtisserie artisanale de Shippagan.

Le pari est de taille pour ce couple âgé dans la trentaine. Dans cette ville, comme dans plusieurs autres de la Péninsule acadienne, les gens sont souvent plus habitués à voir des commerces fermer leurs portes que d’en voir d’autres les ouvrir. Les panneaux «À vendre» ou «Fermé» ne sont pas rares dans les vitrines de la rue principale de Shippagan.

Une situation économique morose que le couple originaire de la Péninsule ne connaît que trop bien.

«Au lieu de s’en aller à l’extérieur, comme tout le monde nous disait de le faire, on s’est risqués à créer notre emploi. On va tenter notre chance. Si ça marche, ça marche. Si ça ne marche pas, au moins on aura essayé», explique Marie-Claude Cormier.

Forte d’un cours en cuisine fine et d’une dizaine d’années d’expérience en restauration, c’est elle qui est aux fourneaux pour préparer les pains, les viennoiseries et la pâtisserie. Son conjoint assure l’accueil et la gestion de la jeune entreprise.

Ouverte depuis lundi, leur boulangerie-pâtisserie artisanale connaît un succès qui dépasse leurs espérances. «La première journée, on a ouvert à 10 h et à 11 h on n’avait plus rien», raconte Éric Chiasson.

Un premier résultat encourageant après des mois de préparation et de dur labeur.

«Cela fait six mois qu’on travaille jour et nuit pour ouvrir et faire tout ce que tu vois là, tout est fait à la main, on l’a fait nous-mêmes», assurent les deux jeunes entrepreneurs en montrant l’aménagement de leur boutique.

Leur réussite, ils la doivent à leur volonté et «au soutien de la famille», soulignent-ils. Une aide indispensable alors que les banques et les caisses n’ont pas souhaité soutenir leur projet.

«Avec les banques, c’est dur pour des jeunes comme nous dans la trentaine», reconnaissent-ils. Pour un prêt de quelques dizaines de milliers de dollars, ils devaient fournir des garanties que peu de gens dans la trentaine peuvent offrir.

Des refus qui ne les ont pas découragés. «La clé, c’est de ne jamais lâcher», dit Éric Chiasson. Leur persévérance commence à payer.

L’idée d’ouvrir une boulangerie leur est venue en constatant le succès que remportaient les pains et les pâtisseries que Marie-Claude préparait chez elle pour les proches et les connaissances.

«Je faisais ça à la maison et c’est là qu’on a vu le potentiel que ça pouvait avoir», explique Marie-Claude Cormier. L’étude de marché que le couple a réalisée l’a convaincu de tenter l’aventure et les réactions des premiers clients ont pu les rassurer.

«Les gens sont vraiment contents, ils nous disent que c’était nécessaire d’avoir ça. Il y avait vraiment un manque dans la région.»

L’engouement des clients est tel que le couple envisage déjà d’agrandir le commerce pour répondre à la demande.