Gaz de schiste: une nouvelle génération de citoyens engagés

SAINTE-ANNE-DE-KENT – Des fermiers prêtent leur terrain aux manifestants contre le gaz de schiste et l’entreprise SWN Resources. Du nombre, certains sont prêts à se faire arrêter par la police.

L’Acadie Nouvelle a rencontré ces citoyens engagés qui déclarent ne pas protester, mais protéger.

C’est le cas d’Éveline Haché, de Cocagne.

«Nous et nos parents, on a travaillé dur toute notre vie pour essayer de créer un endroit où il fait bon vivre. En voulant tout détruire, le gouvernement est en train de faire des criminels avec des gens honnêtes. On ne va pas lâcher avant qu’il y ait un moratoire sur le gaz de schiste», a-t-elle affirmé.

Témoin de l’arrestation du blogueur Miles Howe, Mme Haché est prête à s’exposer, quitte à se faire passer les menottes.

«Chaque fois que je vois quelqu’un se faire arrêter comme ça, ça me met plus de feu, ça me fait aller de l’avant encore plus. Je ne veux pas briser la loi, mais à un moment donné, je vais peut-être faire de la désobéissance civile.»

Pour Luc Richard et Jean-Sébastien Thériault, deux garçons originaires de Caraquet, les initiales P.A. ne désignent pas seulement leur région natale. Désormais, elles constituent l’acronyme de la façon dont ils se définissent eux-mêmes.

«Nous sommes de la Péninsule acadienne et des Protecteurs acadiens», déclare Jean-Sébastien, qui milite pour l’économie verte et le développement durable.

«La plupart de nous n’ont jamais été en prison avant, mais à ce point-là, on fait ce que notre coeur nous dit de faire. C’est l’injustice qui nous fait venir ici. Plus on nous donne des coups, plus on a envie de manifester. Quand tu te fais ramasser par la police parce que tu as une pancarte dans les mains, ça te donne le goût de revenir le lendemain», ont déclaré les deux amis d’une même voix.

Avec son mari, Steve, Barbara Quigley fait de l’élevage biologique depuis une vingtaine d’années. Maman de 6 enfants, c’est dire si elle est sensible au développement durable et à la qualité de l’environnement. Il est vital que l’air et l’eau demeurent sains.

C’est pourquoi ils ont invité les Protecteurs à venir sur leur terrain, contigu à la route 11. Pour prouver sa solidarité, Mme Quigley a diffusé mardi plusieurs copies d’une lettre manuscrite où elle donne sa permission aux manifestants d’utiliser sa propriété. C’est les pieds dans la boue, sur un terrain détrempé par la pluie, que ceux-ci ont attendu les camions compresseurs mercredi.

SWN a effectué ses tests sur la route 11 jusqu’à un kilomètre du campement, avant de cesser le travail et de faire demi-tour aux environs de 14 h30.

Dernière heure: Au moment de mettre sous presse, nous apprenons que Luc Richard et Jean-Sébastien Thériault auraient été arrêtés mercredi soir par la police.