Une drogue 100 fois plus forte que la morphine fait son apparition au N.-B.

Une drogue qui fait des ravages dans l’Ouest canadien est présente au Nouveau-Brunswick, mais en petite quantité, selon la GRC. L’analgésique opioïde en question, le fentanyl, est jusqu’à 100 fois plus puissant que la morphine, et pourrait aussi être vendu sur internet sous forme de poudre.

En novembre 2014, des agents de la GRC se sont rendus à une résidence de l’avenue MacAleese, à Moncton, où ils ont retrouvé le cadavre de deux hommes. Sur les lieux, ils ont récupéré un sac contenant une substance poudreuse blanche et cristallisée.

Des tests ont dévoilé qu’il s’agissait d’un dérivé du fentanyl, une drogue puissante normalement prescrite à des personnes qui souffrent de douleurs chroniques, comme des victimes d’accidents graves et des individus atteints d’un cancer.

Le médicament est prescrit sous forme de timbre, et est dosé sur une période de 72 heures. Pris à l’oral, on perd le contrôle du dosage.

«Le fentanyl est beaucoup plus puissant que l’oxycodone. Si tu as une dose de 80 mg d’oxycodon et une autre de 5 mg de fentanyl, celle de fentanyl est beaucoup plus puissante», précise le pharmacien Pierre LeBlanc, du Jean Coutu de Shediac.

Selon les rapports d’une autopsie, les deux hommes retrouvés morts sur l’avenue MacAleese ont bel et bien succombé à une surdose de fentanyl.

«On croit que la substance aurait été achetée en ligne», ajoute la GRC dans un communiqué.

Les décès sont les cinquièmes et sixièmes reliés au fentanyl sur le territoire de la GRC au Nouveau-Brunswick depuis 2007. Un des autres décès s’est produit par l’utilisation de timbres de fentanyl, alors que deux autres étaient reliés à l’utilisation de fentanyl et d’au moins une autre substance.

«Le trafic de fentanyl sur le territoire de la GRC au Nouveau-Brunswick semble peu répandu pour l’instant. Toutefois, nous surveillons la situation de près et nous prenons des mesures pour informer les membres du public des dangers que représente cette drogue, sous quelque forme qu’elle soit, lorsqu’elle n’est pas prise selon les indications d’un médecin», mentionne le sergent d’état-major Mark Janes du Service régional de Codiac de la GRC

La GRC n’a pas saisi de fentanyl ou observé de décès relié à la drogue au Nouveau-Brunswick en 2015. Le même ne peut pas être dit pour le reste du pays.

À Vancouver, 16 personnes sont décédées des suites d’une surdose seulement dimanche dernier, dont six en une heure. Elles auraient consommé de l’héroïne mélangée avec du fentanyl.

De 2009 à 2014, 655 Canadiens ont perdu la vie en raison du fentanyl, selon le Réseau communautaire canadien d’épidémiologie des toxicomanes. Le nombre de saisies de fentanyl illégale est passé de 29 à 894, durant cette même période.

L’Ouest canadien et l’Ontario sont durement frappés. Le nombre de décès reliés à une surdose au fentanyl en Alberta a grimpé de 6 à 120, de 2011 à 2014. En Colombie-Britannique, on en a observé 49, en 2013. En Ontario, où 221 personnes sont décédées en lien avec le fentanyl, de 2012 à 2013.

L’Agence de la santé de l’Alberta a même instauré un programme pour venir en aide aux personnes à risque. Ils peuvent se procurer d’un produit nommé Naloxone, qui contre les effets du fentanyl en cas de surdose.

La GRC dit travailler avec les Nations Unies et la Chine pour contrer l’afflux de la drogue au pays.