Un prix prestigieux pour Niaiseries acadiennes

Le groupe Facebook humoristique Niaiseries acadiennes remporte le prix Atlantique du Consulat général de France pour sa promotion du fait français en Acadie auprès des jeunes et des moins jeunes. Les administrateurs du groupe, Maxime Doucet et André Robichaud s’envoleront bientôt vers la France pour faire rayonner l’Acadie.

Maxime Doucet ne pensait jamais qu’une simple tentative de divertissement allait prendre une telle ampleur.

Le jeune homme de Le Goulet travaillait dans un centre d’information touristique près d’une plage, alors qu’il pleuvait des clous. La journée était longue et pénible: il cherchait un moyen de faire passer le temps.

«Je m’amusais à créer des images drôles de la situation de tous les jours sur mon ordinateur, puis j’envoyais ça à mes amis. Ils m’ont dit que je devrais publier ça sur un groupe et en faire plein d’autres. C’est ce que j’ai fait, puis c’est parti de là.»

La popularité de Niaiserie acadienne n’a pas cessé d’augmenter depuis. La page Facebook a reçu plus de 2000 membres à sa première journée, le 8 août 2013, et il en compte aujourd’hui plus de 22 000. Le site reçoit en moyenne 102 nouveaux membres par semaine.

À titre comparatif, le groupe Facebook de l’Acadie Nouvelle compte plus de 31 450 membres, et celui de Radio-Canada Acadie, près de 7400.

La portée de publications de Niaiserie acadienne s’échelonne à près de 80 000 personnes par semaine. Le record de portée en une seule journée a été de 295 248, le 17 décembre 2015. Des gens de partout au monde visitent régulièrement la page Facebook, de Tracadie jusqu’en Colombie, en passant par la Suisse et le Maroc.

Le site publie de fausses nouvelles et des photos humoristiques sous forme de meme, caricaturant la vie de tous les jours des Acadiens du Nouveau-Brunswick.

Le nom meme (prononcé à l’anglaise «mi-ime») désigne une même photo avec commentaire en surimpression multiple – généralement à visée humoristique – dont regorge aujourd’hui Internet. Il s’agit d’un phénomène récent.

La langue acadienne est également valorisée sur le groupe Niaiseries acadiennes, où l’on retrouve des explications de régionalismes acadiens, comme sniquer (espionner) ou clutcher (manœuvrer la pédale d’embrayage d’une voiture).

C’est ce qui a attiré l’œil du Consulat général de France à Moncton et Halifax. Jean-Baptiste Hervé, attaché culturel, explique que Niaiseries acadiennes permet d’interpeller les jeunes où ils se trouvent: sur Internet.

«Niaiseries acadiennes permet d’aller chercher la langue française à des endroits où on ne va pas la chercher forcément. On va la chercher dans des bibliothèques, des universités et des librairies. L’Acadie vit aussi en français sur la toile, et c’est là qu’on voulait intervenir. C’est très contemporain.»

Le prix Atlantique du Consulat Général de France est remis depuis une dizaine d’années pour souligner l’attachement à la langue française et aux valeurs de la francophonie d’une personne. Il est décerné chaque année en marge de la Journée internationale de la francophonie, habituellement à un étudiant anglophone. L’an dernier, c’est une étudiante de l’université Mount Saint Vincent, de Halifax en Nouvelle-Écosse, qui l’a remporté.

«Il y a des francophones qui œuvrent tous les jours pour valoriser la langue française sur Internet. Nous voulons les féliciter.»

Les administrateurs du groupe traverseront l’océan Atlantique au début juillet, pour visiter les cousins français.

Le groupe Facebook Niaiseries acadiennes récolte 102 nouveaux membres par semaine, en moyenne. - Acadie Nouvelle : Capture d'écran
Le groupe Facebook Niaiseries acadiennes récolte 102 nouveaux membres par semaine, en moyenne. – Acadie Nouvelle : Capture d’écran