Nouveau sursis pour l’avion Lancaster à Edmundston

Le Musée de l’aviation de l’Alberta demande un délai supplémentaire avant de rapatrier l’avion Lancaster stationné depuis plus de 50 ans à l’aéroport municipal d’Edmundston. Ce retard pourrait par contre mener à une autre solution.

Durant près de 15 ans, la Société pour la préservation du Lancaster a tenté de trouver des solutions pour le restaurer à Edmundston. Mais comme cela n’a débouché sur rien de concret, elle s’est résolue à le laisser partir vers ceux qui pourraient le mettre en valeur.

Au début de l’année 2015, la Société a fait savoir qu’une proposition du Musée de l’aviation de l’Alberta a été retenue pour le transfert de l’appareil. Il devait donc quitter Edmundston pour se retrouver à Edmonton où il devait dorénavant être entreposé.

En juillet 2015, des spécialistes du Musée de l’aviation de l’Alberta ont passé plusieurs jours à Edmundston pour amorcer les préparatifs de son éventuel transfert dont les coûts étaient chiffrés à 350 000 $. Ils ont huilé des pièces et effectué un grand nettoyage. Ils ont solidifié le nez et la queue de l’appareil. Le démantèlement et le transport devaient se faire dès le printemps 2016.

Croyant le dossier clos, la Société de prévention du Lancaster a été dissoute. Or voilà que le Musée de l’aviation a demandé une extension d’un an avant de compléter la démarche.

«Le Musée demande une extension jusqu’en 2017. On nous dit que la situation économique est plus difficile en Alberta et que des partenaires du projet ne sont pas en mesure de respecter des engagements financiers», a indiqué Luc Michaud, membre de la Société dissoute et gestionnaire de l’Aéroport du Madawaska Airport (AMA).

Comme l’appareil appartient à la Ville d’Edmundston, il lui reviendra de prendre une décision.

«Nous attendons une réponse officielle du Musée de l’aviation de l’Alberta quant à leur capacité de réaliser le projet de sauvegarde présenté en 2015», a mentionné le directeur général de la Ville d’Edmundston, Marc Michaud.

Selon Luc Michaud, quelques propositions ont été reçues pour la sauvegarde de l’appareil et une nouvelle alternative devra peut-être être envisagée.

«À ce moment, nous avons jugé que c’était la meilleure offre. Mais devant l’intérêt aussi démontré ailleurs, il faudra peut-être passer au plan B. La solution ne proviendra pas d’ici, car nous avons essayé durant près de 15 ans de le sauver», a souligné Luc Michaud.

Le Lancaster KB882 est arrivé à Edmundston en juillet 1965. Il est l’un des 17 appareils restants dans le monde. Il a servi pour une douzaine de missions en Europe à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

La Société de prévention prévoyait de faire des cérémonies spéciales pour souligner le 50e anniversaire de sa présence à l’aéroport municipal, mais elles ont plutôt été sobres.

Selon les spécialistes rencontrés par l’Acadie Nouvelle sur place en juillet 2015, le moteur a bien survécu au temps qui passe. Il pourrait être démarré pour faire entendre son impressionnant grondement.