Pénurie de main d’œuvre: une compagnie de Bas-Caraquet menace de sous-traiter en Asie

Les défis de recrutement dans les usines de transformation de fruits de mer sont connus, mais une entreprise de la Péninsule acadienne lance un avertissement. Si elle ne parvient pas à trouver la main-d’œuvre nécessaire, la direction n’hésitera pas à se tourner vers l’Asie où il est possible de sous-traiter la transformation du crabe.

Les Pêcheries Bas-Caraquet ont fait publier une offre d’emploi lundi dans les pages de l’Acadie Nouvelle. L’entreprise est à la recherche d’une trentaine de travailleurs pour son usine à Bas-Caraquet.

«Gardons ces emplois à Caraquet ou nous les enverrons en Asie. La décision appartient aux travailleurs d’usine de la région», peut-on lire à la fin de l’annonce.

«Si on ne trouve pas assez de gens pour travailler, il va falloir que l’ouvrage se fasse quelque part. Ça fait six mois qu’on cherche des gens. C’est un vrai défi», explique Rodolphe LeBreton, propriétaire des Pêcheries Bas-Caraquet.

L’entrepreneur est prêt à offrir un salaire supérieur à la moyenne et au moins huit mois de travail par année. Le salaire de base est fixé à 14$ et les travailleurs peuvent toucher à un surplus de 1$ de l’heure (donc 15$/h) s’ils ne manquent pas une journée de travail durant la semaine. Avec les autres bonis, le salaire peut varier de 15$ à 22$ de l’heure, assure M.LeBreton.

«On fait quelque chose qui n’a jamais été fait dans la région. Du travail pendant huit mois par année dans le crabe à Bas-Caraquet. Ça n’a jamais été vu auparavant.»

Le manque de main-d’œuvre commence à se faire ressentir. Rodolphe LeBreton attribue une partie des défis de recrutement à la souplesse des règlements d’admissibilité à l’assurance-emploi. Les Pêcheries Bas-Caraquet font déjà sous-traiter une partie de la transformation des produits de mer de l’usine en Asie.

«En Asie, le travail se fait à meilleur marché qu’ici.»

Selon les plus récentes données de Statistique Canada, le taux de chômage s’élève à 14,2% dans la région économique de Restigouche-Albert, qui couvre la majorité du nord et du sud-est du Nouveau-Brunswick (à l’exception du Grand Moncton).