Le salaire minimum augmentera au rythme du coût de la vie

Fredericton s’apprête à arrimer les prochaines augmentations du salaire minimum à la hausse du coût de la vie. La décision est critiquée de part et d’autre du débat.

Le gouvernement provincial doit annoncer officiellement au cours des prochains jours une nouvelle hausse du salaire minimum à 11$ l’heure.

Cette hausse de 0,35$, la troisième depuis l’élection du gouvernement de Brian Gallant, permettra au Parti libéral de rayer une promesse de sa plateforme électorale.

Mais les libéraux n’avaient pas seulement promis de hausser le salaire minimum à 11 $; ils s’étaient également engagés à l’ajuster par la suite selon l’inflation.

En rencontre éditoriale avec l’Acadie Nouvelle, vendredi, le premier ministre Gallant a réitéré sa promesse.

«C’est toujours notre intention et nous allons avoir une annonce officielle très bientôt», a indiqué Brian Gallant.

La Banque du Canada calcule l’inflation selon le taux d’augmentation annuel de l’indice des prix à la consommation. L’objectif de la banque centrale est de maintenir l’inflation au pays à 2%.

Lorsqu’il aura atteint 11$ l’heure, une hausse du salaire minimum de 2% équivaudra à 0,22$.

Le Front commun pour la justice sociale est en faveur de la mesure proposée par les libéraux. L’organisme de défense des plus démunis estime cependant que le salaire minimum est encore trop bas pour limiter les hausses à l’inflation.

Le Front commun réclame un salaire minimum à 15$ l’heure.

«Le problème, c’est que l’inflation est toujours d’un ou deux pour cent. Ça veut dire des augmentations de 11 cents ou de 22 cents. Avec ça, nous ne nous rendrons jamais à 15$ l’heure», plaide le coordonnateur de l’organisme, Jean-Claude Basque.

«Lorsque nous aurons atteint un salaire décent, là nous pourrons lier les hausses à l’inflation pour que la valeur de notre salaire ne descende pas.»

L’augmentation du salaire minimum ne suffira pas à elle seule à sortir les travailleurs à petit salaire de la pauvreté, ajoute M. Basque.

Le Front commun plaide également pour de meilleures conditions de travail pour les employés non syndiqués.

De l’autre côté du débat, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) n’hésite pas aussi à exprimer ses préoccupations.

La branche provinciale de la Fédération se demande notamment si Fredericton alignera sa nouvelle politique avec le taux d’inflation provincial ou national. Selon Statistique Canada, l’inflation a été de 1,2% au pays l’an dernier, mais de 2,5% au Nouveau-Brunswick.

«Selon le nombre d’employés qui travaillent au salaire minimum, on parle de quelques sous à beaucoup de sous», avance le président des affaires provinciales de la FCEI, Jean-Philippe Gauthier.

Il existe également différents indices de prix à la consommation selon que l’on inclut ou non certaines valeurs plus volatiles comme les aliments et l’énergie.

La Fédération favorise plutôt des baisses d’impôts pour aider les travailleurs.

«La réduction des taxes et des impôts pour les personnes à moindre revenu aurait été préférable à l’augmentation du salaire minimum de façon artificielle», affirme M. Gauthier.