Aide aux études: les établissements privés exigent des réponses

L’Association des universités et collèges privés du Nouveau-Brunswick veut savoir pourquoi le secteur privé a été exclu du programme d’aide aux études. Elle dépose une plainte contre le ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail.

Le gouvernement Gallant a fait le choix d’exclure du programme d’aide aux études les 4500 étudiants inscrits dans les cinq universités privées et les cinquante collèges professionnels et spécialisés du Nouveau-Brunswick.

L’initiative qui prévoit la gratuité scolaire pour les étudiants au revenu familial de 60 000$ et moins ne s’adresse qu’à ceux qui fréquentent l’une des six institutions publiques de la province.

Depuis l’annonce en avril dernier, l’Association des universités et collèges privés du Nouveau-Brunswick (ACUPNB) crie à l’injustice et a même menacé de poursuivre la province en justice.

Elle accuse le gouvernement de ne pas jouer cartes sur table dans ce dossier et a fait une demande d’accès à l’information le 20 mai 2016 en vertu de la Loi sur le droit à l’information et à la protection de la vie privée.

«Ça fait huit mois qu’on attend et on n’a rien reçu», déplore Janelle Bourgeois, porte-parole de l’association et directrice des ressources humaines du Oulton College de Moncton.

«On voulait comprendre pourquoi le gouvernement a pris la décision de ne pas inclure les étudiants qui fréquentent des collèges et des universités privés. On veut comprendre la logique derrière ça.»

Le 8 juillet, le ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail a prolongé la date limite au 19 août. Le 15 août, le ministère a fait une seconde demande de prolongation, et la date limite a été remise au 22 décembre.

En l’absence de réponse, l’ACUPNB a décidé de déposer une plainte contre le ministère auprès du Commissariat sur le droit à l’information et la protection de la vie privée. La Commissaire sera donc chargée d’enquêter et d’émettre ses recommandations.

«Ce genre de demande peut être accordé au cours des 30 jours suivants. Nous comprenons bien sûr que certains retards et certaines difficultés peuvent survenir, mais c’est inacceptable de retarder le processus de près de huit mois sans avoir respecté la date limite», estime Dale Ritchie, le président de l’association.

Un groupe de travail rassemblant des représentants des deux partis a été formé cet été pour se pencher sur d’éventuels amendements au programme. Suite aux discussions, les représentants des établissements privés attendaient une décision sur une éventuelle ouverture du programme d’aide aux études fin novembre.

Le gouvernement provincial ne s’est pas prononcé pour le moment et l’ACUPNB n’a pas écarté la possibilité de poursuites judiciaires.

«C’est quelque chose qu’on considère toujours. On va faire ce qu’il faut pour se faire entendre, lance Janelle Bourgeois. On préfère collaborer avec le gouvernement plutôt que de faire la guerre.»

Le ministère n’a pas répondu à nos demandes d’entrevues.