Un mouvement pour 50% de femmes à l’Assemblée législative en 2018

Un regroupement féministe vient d’entamer une campagne visant à faire la promotion d’une plus grande participation des femmes aux élections provinciales de 2018.

Le regroupement ne désire rien de moins que la parité parmi les élus siégeant à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick.

Le lancement officiel de Femmes pour le 50% a eu lieu mercredi matin à Saint-Jean en présence de plusieurs politiciennes et femmes d’affaires.

La mairesse de Moncton, Dawn Arnold, l’avocate Monica Barley, les anciennes politiciennes Elizabeth Weir et Aldéa Landry, de même que la femme d’affaires Roxanne Fairweather figurent parmi les fondatrices du regroupement.

Ces deux dernières ont d’ailleurs été nommées coprésidentes de la campagne Femmes pour le 50%.

Le regroupement demande aux partis politiques d’adopter la cible de 50% de femmes candidates en 2018, alors que des membres du groupe ont déjà rencontré les chefs de partis afin de les convaincre d’adopter cette démarche.

«Le Nouveau-Brunswick est en queue du peloton, derrière toutes les autres provinces du pays, pour ce qui est de la représentation par des femmes», déplore Roxanne Fairweather, qui est présidente et chef de la direction de la firme Innovatia.

«Non seulement les femmes sont-elles actuellement sous-représentées, par un faible 16% des députés, mais la représentation féminine a faibli depuis dix ans, dans l’ensemble. L’égalité des femmes au sein de l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick pose un défi pressant à notre province, collectivement, et aux femmes à titre individuel», a-t-elle ajouté par voie de communiqué.

Afin de faire prendre conscience de la situation et susciter des appuis, le regroupement organise un congrès qui se tiendra le 13 février au Centre Richard J. Currie de Fredericton.

L’ancienne vice-première ministre canadienne Sheila Copps sera la conférencière pour l’occasion.

«Mon vécu personnel m’a fait voir que les femmes n’ont souvent pas accès aux mêmes réseaux, aux mêmes mentors ni au même soutien au financement que leurs collègues masculins. Ce congrès représente la première étape dans notre mission pour éliminer ces obstacles et démystifier la démarche électorale», a pour sa part indiqué Aldéa Landry, coprésidente de Femmes pour le 50%.

«À la suite du congrès initial en février, nous tiendrons d’autres activités pour soutenir les femmes qui veulent se mêler de politique», d’ajouter la femme d’affaires et ancienne politicienne.

L’éminent homme d’affaires Richard J. Currie a quant à lui été nommé président d’honneur de Femmes pour le 50%.

«Les femmes ont toujours été très fortes dans la lutte pour les réformes sociales au Nouveau-Brunswick. L’avenir du Nouveau-Brunswick ne peut que profiter de l’engagement d’un nombre plus grand de femmes dans l’arène électorale et dans la prise des décisions qui touchent le bien commun», a indiqué celui qui a généreusement contribué financièrement au nouveau regroupement.

Le premier ministre Brian Gallant a dit saluer l’initiative Femmes pour le 50% et souhaiter la présence d’un plus grand nombre de candidates lors de l’élection de septembre 2018.

«En tant que premier ministre et ministre responsable de l’Égalité des femmes, je reconnais l’importance d’avoir des femmes en position d’influence», a affirmé Brian Gallant.

Le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick s’est également réjoui de l’arrivée de Femmes pour le 50% dans la sphère sociale et politique.

«C’est un projet qui est très pertinent et un enjeu auquel nous nous attardons depuis déjà plusieurs années. Nous sommes prêts à participer avec plaisir à l’exercice et à partager notre expertise», a indiqué Nelly Dennene, la directrice générale de l’organisme.

À peine huit femmes siègent actuellement à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, soit 16% des élus provinciaux. Il n’y a que trois ministres de sexe féminin: Cathy Rogers (Finances), Francine Landry (Développement économique) et Lisa Harris (Aînés et des Soins de longue durée).

Le portrait n’est guère mieux dans le monde municipal, alors que les femmes ne constituent que 21,9% des maires des municipalités de la province et 31,6 des conseillers élus.