Un jésuite aux racines acadiennes dirigera la Compagnie de Jésus

Si tout se déroule comme prévu, la Compagnie de Jésus sera prochainement dirigée par un jésuite aux racines acadiennes.

Natif de Rothesay, le Père Erik Oland deviendra le prochain Supérieur provincial des Jésuites du Canada français et d’Haïti, le 1er mars.

Même si l’ordre religieux catholique est officiellement absent de la province, c’est à un Néo-Brunswickois que reviendra la tâche de diriger la Compagnie qui a été fondée en 1540 par Ignace de Loyola et qui représente le plus grand ordre religieux masculin au sein de l’Église catholique.

Certes, la présence et l’influence des jésuites ont grandement diminué au fil des dernières décennies.

Il y aurait actuellement une soixantaine de jésuites au Canada français, dont l’âge moyen est de 77 ans.

En Haïti, ce nombre est d’une cinquantaine âgé en moyenne de 38 ans.

Né en banlieue de Saint-Jean en septembre 1958, le Père Erik Oland dirige depuis un peu plus de huit ans le noviciat de Montréal où séjournent les jésuites durant leur formation.

Son arrivée dans un peu moins d’un mois à la tête des Jésuites du Canada français et d’Haïti, et ce jusqu’en juillet 2018, survient à un moment où la Compagnie de Jésus vit de grandes transformations.

Dès lors, il devrait y avoir union des provinces canadiennes francophone et anglophone et création d’une nouvelle Province jésuite unifiée au Canada qui sera bilingue et qui devrait être dirigée par le Père Oland, dont le grand-père maternel est un Aucoin d’origines acadiennes.

«Il y a diminution du nombre de jésuites au Canada, c’est la principale explication. Il faut également parler d’un rapprochement évident entre les deux provinces depuis une quinzaine d’années», explique-t-il.

L’arrivée des premiers jésuites en terre canadienne remonte à 1611. Deux prêtres jésuites français débarquent dans la capitale acadienne de Port-Royal afin d’y évangéliser les Amérindiens.

Ils ont été engagés depuis cette époque lointaine dans l’éducation, dans les paroisses ainsi que dans le travail pour la justice sociale.

Durant une longue période, les jésuites ont été associés à l’élite de la société canadienne-française.

L’ouverture à Montréal en 1928 du Collège Jean-de-Brébeuf témoigne de l’importance des jésuites à l’époque.

L’établissement d’enseignement, qui est rapidement devenu le plus prestigieux collège privé au Canada français, a accueilli au fil des ans des étudiants tels que Justin Trudeau, Pierre Elliott Trudeau, Grégory Charles, Julie Snyder, Pierre Nadeau, Jean Coutu et Hubert Reeves.

L’avènement dans les années 1960 au Québec de la Révolution tranquille aura toutefois signifié le commencement d’un long déclin de l’ordre religieux.

«Ç’a été catastrophique pour l’église au Canada français en fait de participation de la population», résume le Père Erik Oland.

«Le nombre de jésuites diminue et leur âge est assez avancé, mais on s’habitue et on s’adapte à cette réalité. Il faut garder le courage et continuer d’aller vers les gens».

En 2017, la Compagnie de Jésus se consacre surtout à des missions de justice sociale et de recherche de réalités spirituelles.

Au nombre d’environ 17 000, surtout présents en Asie et en Europe, les jésuites entendent toujours poursuivre cette mission au service de la foi et de la formation intellectuelle et d’être envoyés dans le monde, là où leur engagement pourrait s’avérer être utile.

Malgré l’ampleur du travail qui l’attend, le Père Erik Oland n’entend pas pour autant couper les ponts avec sa province d’origine.

«Ma famille habite toujours la région de Saint-Jean. J’y ai passé deux semaines durant le temps des Fêtes et j’entends toujours passer du temps au Nouveau-Brunswick malgré mon travail.

Les nouvelles fonctions du Père Oland l’amèneront toutefois à voyager prochainement à Rome, à Haïti et dans l’Ouest américain.