Une séance photo en sous-vêtements pour la Journée des femmes

Vingt-sept femmes ont pris leur courage à deux mains, dimanche, et ont franchi les portes d’entrée d’une salle à Riverview afin de participer à une séance photo en sous-vêtements pour la Journée internationale des femmes.

L’image, prise par la photographe Lise Mazerolle, a comme objectif de célébrer le corps féminin dans toutes ses formes. La femme originaire de Caraquet veut inspirer les femmes à adopter une meilleure image de soi.

Avant de prendre ses clichés, celle qui se spécialise dans la photographie boudoir a demandé à ses modèles de sortir de leur zone de confort en se plaçant à côté d’une femme qui les rendrait inconfortables dans la vie de tous les jours.

«La photo est puissante. J’ai eu des commentaires après de femmes qui m’ont dit que ç’a complètement changé leur vie.»

«L’effet a été vraiment surprenant. J’avais emporté du thé pour après la séance photo. Les femmes ne se sont même pas rhabillées pour prendre le thé. Elles jasaient entre elles. Il y avait un confort et une énergie vraiment incroyable.»

En ouvrant le dialogue, les femmes ont découvert qu’elles partagent des insécurités semblables sur différents aspects de leur apparence. L’expérience leur a appris à aimer leur corps «avec ses vergetures, ses rondeurs, ses cicatrices, son acné, ses seins tombants, et j’en passe», explique Mme Mazerolle.

«Il y en avait des plus rondes à côté des plus minces et des plus courtes à côté des plus grandes. Mais tout le monde était là pour la même raison. Les femmes ont accepté le fait qu’elles sont différentes, mais qu’elles sont aussi uniques. Je leur ai dit “aimez-vous, parce que votre corps, c’est le seul que vous avez”.»

Mme Mazerolle a découvert qu’une des participantes a eu une transplantation de rein qui lui a laissé une cicatrice sur le ventre. Au moment de prendre la photo, la femme s’était placée à l’arrière du groupe.

«Je lui ai dit “moi, je veux te voir”. Elle m’a expliqué qu’elle ne s’était pas placée là pour se cacher, mais parce qu’elle a pensé que je ne voudrais pas exposer sa cicatrice. Mais c’est le contraire. C’est ça que je voulais exposer: elle a vraiment une grande histoire.»

Le parcours de Mme Mazerolle vers la découverte de la beauté féminine a commencé il y a 13 ans, quand elle a été victime d’une grave agression sexuelle. L’épisode lui a causé des problèmes d’estime de soi, au point où elle ne pouvait «pas se regarder dans le miroir».

C’est dans cette période qu’elle s’est lancée dans la photographie boudoir. La pratique a eu un effet thérapeutique pour celle qui habite aujourd’hui à Dieppe.

«En faisant ce genre de photo là, j’ai réalisé à quel point plusieurs femmes avaient des fissures et une faible estime d’elles-mêmes. Il y en avait qui se décrivaient avec des mots vraiment crus. Ça me faisait beaucoup de peine, parce que je pouvais me voir en elles.»

En faisant ressortir la beauté naturelle de ses clientes, Mme Mazerolle a reconstruit son amour de son propre corps. Depuis, elle continue d’accueillir des femmes dans son studio et transmet sa vision de la beauté des femmes dans toutes ses formes.

Le projet de Mme Mazerolle s’inspire du documentaire australien Embrace, un film qui raconte l’histoire de la réalisatrice Taryn Brumfitt. Le long métrage s’attaque notamment à des sondages qui ont conclu que 90% des femmes étaient «très insatisfait» de leur corps.

L’an dernier, Mme Mazerolle a publié un calendrier de photographies de femmes victimes d’agressions sexuelles. Le projet a permis de remettre 5000$ au centre de prévention de la violence du Comté de Kent.