Trois ans de prison pour un coup de couteau porté au visage

Multirécidiviste en matière de crimes à caractères violents, Bertrand Veilleux passera les trois prochaines années derrière les barreaux pour avoir asséné un coup de couteau au visage d’une femme de Campbellton.

La feuille de route criminelle de Bertrand Veilleux, homme âgé de 59 ans de Campbellton, n’en finit plus de s’allonger. En fait, ce dernier a passé plusieurs des 25 dernières années en prison en raison de son comportement agressif.

Vol qualifié avec visage masqué, voies de fait contre des policiers, conduite dangereuse, menaces… il a également été condamné pour homicide involontaire (commis à l’aide d’un couteau en 2005), un crime pour lequel il a été condamné à 42 mois de prison.

L’individu faisait de nouveau face à la justice, cette fois afin de répondre à des accusations de voies de fait graves en tentant de défigurer sa victime et de possession d’une arme dans un dessein dangereux. L’incident s’est produit le 21 mai 2016 à Campbellton. Il a plaidé coupable à ces deux accusations.

C’est une altercation entre l’accusé et sa victime – possiblement à la suite d’une relation amoureuse qui s’est mal terminée (les deux parties ont des versions différentes sur la question) – qui est à la base de l’incident.

Ce qui est sûr, c’est que les deux individus se connaissaient et étaient amis à l’époque. La victime a avoué aux policiers que son agresseur n’avait jamais eu de comportement violent à son égard avant l’agression. Elle a toutefois précisé que leur relation s’était par détériorée les jours précédents.

La victime, dont nous tairons le nom, aurait confié avoir été réveillée dans la nuit du 21 mai 2016 par du bruit dans son appartement. Elle aurait surpris l’accusé dans une pièce. Elle avait pourtant par le passé indiqué à l’individu de ne plus y remettre les pieds chez elle. Se sentant menacée, elle l’a sommé de quitter les lieux sur-le-champ.

Une altercation s’en est suivie et c’est là que M. Veilleux lui aurait asséné un coup de couteau au visage. Selon elle, le coup aurait pu avoir des conséquences encore plus graves n’eût été son réflexe de se protéger. L’individu a par la suite quitté les lieux à pieds. Il fut appréhendé deux jours plus tard.

Appelés à l’appartement vers 4h du matin, les policiers ont noté des signes de bagarres, notamment des objets renversés ainsi que beaucoup de sang au sol. Ils ont trouvé la victime dans une pièce et ont constaté que cette dernière avait une profonde lacération au visage.

Elle aurait déclaré avoir été frappée au visage par Veilleux avec un couteau. L’arme du crime n’a jamais été retrouvée.

Bertrand Veilleux était de retour au Palais de justice de Campbellton jeudi afin de connaître sa sentence. Sa victime, elle, n’était pas présente pour entendre la lecture de la sentence. La Couronne a toutefois lu une partie du rapport d’impact du crime sur les victimes. L’incident aurait causé des impacts psychologiques et physiques notables chez la victime, qui dit souffrir d’anxiété et ne désire plus aucun contact avec son agresseur.

Compte tenu de ces nombreux antécédents violents, la procureure a suggéré qu’une peine de trois ans de prison ne serait pas déraisonnable dans les circonstances.

La défense a aussi brodé sa suggestion autour d’une incarcération de trois ans, si ce n’est qu’on désirait – contrairement à la Couronne – y retrancher les 298 jours d’incarcération préventive purgée par l’accusé. Pour justifier sa requête, l’avocat de la défense a souligné que son client avait collaboré en plaidant coupable à l’accusation.

Bertrand Veilleux, lui, a préféré ne pas s’exprimer en cour. En son nom, son avocat a indiqué que son client, bientôt âgé de 60 ans, désirait reprendre sa vie en main et mettre de côté les vingt dernières années de sa vie. Il entend, entre autres, aller retrouver sa fille dans la grande région de Québec une fois sa sortie de prison.

Les antécédents de M. Veilleux auront toutefois pesé lourd dans la balance. La juge Suzanne Bernard a en effet déterminé que le passé de l’accusé et les gestes graves posés contre sa récente victime ne correspondaient pas à la jurisprudence. Elle l’a ainsi condamné à 51 mois de prison ce qui, une fois les crédits appliqués, correspond à trois années de prison à compter d’aujourd’hui. À cette peine, elle ajoute une ordonnance d’interdiction de possession d’arme d’une durée de dix ans.