Déneigement : des millions de dollars dépensés

Même si la dernière saison hivernale n’a pas été la plus enneigée qui soit, les caprices de la météo ont coûté cette année des millions de dollars aux municipalités de la province.

Les conditions météorologiques qui prévalent hiver après hiver au Nouveau-Brunswick forcent les municipalités à délier les cordons de la bourse afin de procéder au déneigement des artères et au chargement de la neige.

«On a quand même été béni d’une certaine façon, l’hiver n’a pas été trop difficile», a affirmé Gary Cyr, le coordonnateur de la voirie de la Ville d’Edmundston.

Celui-ci a indiqué que la municipalité a toutefois dû se résoudre à débourser pas moins de 1,7 million $ pour mener à terme ses opérations de déneigement durant l’hiver.

«C’est une réalité qu’il faut affronter, mais il y a ici une bonne force ouvrière. Ce qui est plus irritant, c’est de recevoir du verglas ou de bonnes précipitations de 20 ou 30 millimètres de pluie en hiver», estime Gary Cyr.

En période de tempête hivernale et de déneigement, la Ville d’Edmundston peut compter sur le travail d’une trentaine d’employés qui œuvre sur le terrain le jour ou la nuit.

«Avec 475 km de voirie, on s’assure toujours de bien gérer les tempêtes. Ça prend du leadership, une bonne organisation et la chance d’être à la bonne place au bon moment», résume le coordonnateur de la voirie.

– Gracieuseté

À Bathurst, chaque opération de déneigement coûte habituellement de 40 000$ à 50 000$. En 2016, la facture totale de la municipalité s’est chiffrée à près d’un million de dollars.

«Une tempête comme celle survenue la semaine dernière nécessite le travail d’une vingtaine de personnes. Le travail se fait surtout la nuit afin d’éviter de perturber la circulation», précise Luc Foulem, le directeur des communications corporatives de la Ville de Bathurst.

«Ce n’est pas nécessairement un gros casse-tête, tout est question de planification. En fait, c’est la tempête qui dicte en quelque sorte notre approche opérationnelle.»

À Caraquet, le budget réservé à l’entretien d’hiver est de 458 350$ pour l’année 2017.

«Les chiffres finaux pour l’hiver 2016-2017 ne sont pas encore connus puisque nous comptabilisons les chiffres jusqu’au 31 mars», a indiqué Marc Duguay, le directeur général de la capitale de l’Acadie.

Ces sommes d’argent dépensées en opérations de déneigement ont évidemment tendance à être multipliées lorsqu’il s’agit de regarder le portrait des plus grandes villes de la province.

À titre d’exemple, la Ville de Saint-Jean s’attend à dépenser cette année 927 732$ uniquement pour effectuer l’épandage de sel et de sable sur les chaussées et les trottoirs de son territoire, a indiqué Nancy Moar, la directrice des communications de la municipalité.

«Le déneigement et le déglaçage exigent des ressources considérables et coûteuses ainsi que de l’équipement lourd spécialisé, manœuvré par des employés bien formés», stipule le plan de gestion hivernal de la cité portuaire.

«Le coût approximatif d’une tempête varie de 320 000 $ à 345 000 $ dépendant du montant de neige accumulée», a pour sa part révélé Isabelle LeBlanc, directrice des communications de la Ville de Moncton.

La municipalité dispose habituellement d’un budget d’un peu plus de 5 millions $ pour ses opérations de déneigement.

«C’est un mal nécessaire et un poste budgétaire qui est assez important avec le temps supplémentaire, l’équipement ainsi que le sel et le sable qui sont nécessaires. Notre nordicité nous coûte cher!», résume Frédérick Dion, le directeur général de l’Association francophone des municipalités du N.-B.

Selon lui, les municipalités de la province seraient en droit d’exiger un plus grand financement du gouvernement afin d’assurer l’entretien des routes provinciales qui sont situées sur leur territoire.

Si certaines municipalités sont tentées de sourciller à la vue de la facture de déneigement à payer, elles peuvent toujours se consoler et se comparer à une ville comme Montréal, où 160 millions $ sont nécessaires annuellement pour entretenir un réseau de 10 650 km de routes et trottoirs.

Pour certains, toute cette neige tombée du ciel représente même un pur bonheur.

«On a travaillé fort tôt cette saison, sans vraiment arrêter de l’hiver. Lors de la tempête de la semaine dernière, les heures de sommeil n’étaient pas nombreuses», a confié Mathieu Sirois, de l’entreprise Déneigement Bellecour d’Edmundston.