Michel Vienneau: une pétition de 2000 signatures

La famille et les amis de Michel Vienneau tentent, en ce début de semaine, de faire pression sur le gouvernement. Ils veulent que les responsables de la mort de cet homme soient jugés par un tribunal.

Les proches de Michel Vienneau attendent avec appréhension les prochains jours, alors que le délai pour faire appel de la décision rendue fin février en Cour provinciale expirera.

Ils espèrent qu’un procès aura lieu.

Le mois dernier, la juge Anne Dugas-Horsman avait conclu que l’enquête préliminaire sur la mort du commerçant de Tracadie abattu en 2015 ne permettait pas de mettre en cause Patrick Bulger et Mathieu Boudreau, les deux gendarmes impliqués.

Cette décision avait dévasté l’entourage du défunt. Camille McLaughlin, un ami, exprime son sentiment d’«injustice».

«Nous avons deux systèmes de justice au Nouveau-Brunswick: un système pour la police qui maintenant peut tuer quiconque sans aucune autre conséquence et un système pour les civils qui doivent être punis sévèrement et qui vont sûrement connaître la prison si quelqu’un s’aventure à tuer une autre personne.»

Pour sensibiliser l’opinion, la famille de Michel Vienneau avait lancé une pétition début mars. Les citoyens intéressés pouvaient la signer en ligne ou sur une version papier laissée dans 17 endroits de la Péninsule acadienne, ainsi que des régions Chaleur et du Restigouche.

Le document rassemble près de 2000 signatures (1814 précisément). Il a été remis lundi après-midi au procureur général, Serge Rousselle, à son bureau de circonscription de Tracadie.

Celui-ci a pris acte de la pétition. Il a informé les proches qui s’étaient déplacés que l’imposition d’un procès n’était pas de son ressort.

«La responsabilité en revient à la Direction des poursuites publiques qui est une branche indépendante du ministère. C’est elle qui peut déposer des accusations ou, comme dans le cas présent, porter en appel.»

Le procureur a assuré qu’il transmettrait la pétition à son sous-ministre.

«On reste sur notre faim et sur notre frustration. On n’a pas de réponse, on ne sait pas pourquoi Michel a été tué», commente Camille McLaughlin.

Jour fatidique

Le 12 janvier 2015, alors qu’ils revenaient de Montréal en train, Michel Vienneau et sa compagne, Annick Basque, ont été surpris par les gendarmes Bulger et Boudreau, à la gare Via Rail de Bathurst. Ces derniers venaient les interpeller.

Une dénonciation anonyme à Échec au crime affirmait que le couple transportait des produits stupéfiants. L’opération policière a dégénéré. Le commerçant âgé de 51 ans à l’époque a été mortellement touché. Sa famille et ses amis restent hantés par ce jour fatidique.

«J’ai parlé cette fin de semaine avec Georges et Sylvie, les parents de Michel. Ils n’ont plus la force morale et physique de se battre contre ce système injuste et immoral. Ils sont anéantis par la peine et la douleur», déclare Camille McLaughlin.

Nicolas Vienneau, le frère de la victime, est tout aussi affecté.

«La manière dont s’est terminée l’enquête préliminaire nous laisse des questions. Ça cache quelque chose.»

Un procès apaiserait-il ses tourments?

«Oui, mais à condition d’aller au fond des choses. Cette histoire a détruit notre famille.»