Bouctouche passe d’un déficit de 760 000$ à un surplus de 137 000$

Après deux années d’austérité budgétaire, les élus de Bouctouche ont enfin remis la ville sur le droit chemin. Les résidants peuvent donc pousser un soupir collectif de soulagement.

Mardi, le comptable Léon Bourque a présenté les états financiers de l’année fiscale 2016. Il a décrit un revirement complet de la situation qui prévalait il y a deux ans, quand la municipalité avait creusé un déficit de plus de 760 000$. Cette année, la municipalité a engrangé un surplus budgétaire de 137 000$ au fonctionnement général.

Le maire de Bouctouche, Roland Fougère, n’a pas hésité pour affirmer que la nouvelle a «fait sa journée».

«Maintenant, on peut dire que la ville de Bouctouche peut souffler à son aise.»

La leçon du déficit de 2015 a été une pilule difficile à avaler pour plusieurs résidants de Bouctouche. C’est pourquoi le conseil municipal n’a pas l’intention de répéter les erreurs du passé.

De 2006 à 2015, la taxe foncière de Bouctouche est demeurée inchangée à 1,16$ par 100$ d’évaluation. Même en 2006, ce taux avait été décrit comme «un des plus bas de la province» dans un article de l’Acadie Nouvelle.

Selon M. Fougère, les conseils municipaux ont commis une erreur en maintenant un niveau de taxation aussi bas. La ville a fini par frapper un mur de briques en 2015.

Face à un déficit de 760 000$, le conseil municipal a dû hausser les taxes de 8,9 cents par 100$ d’évaluation, en 2016. L’augmentation a été suivie d’une deuxième hausse de 4,9 cents, cette année.

«On ne veut pas se rendre là de nouveau. Augmenter les taxes, ça n’a pas été plaisant. Ça n’a pas été plaisant pour personne. Mais à un moment donné, il fallait que ça soit fait.»

Depuis, le conseil municipal a adopté une approche visant la stabilité à long terme. Les élus et les employés élaborent un plan afin de préparer des investissements stratégiques dans l’infrastructure vieillissant de la ville.

Des travaux majeurs sont en cours sur le système d’eau et d’égouts de la ville. Le conseil espère remplacer un camion d’incendie au cours des prochaines années – un investissement de plus de 450 000$ – et commencer la construction d’une nouvelle caserne de pompiers en 2019.

Le conseil espère aussi ordonner la construction d’un nouveau marché des fermiers au coût de 1,5 à 1,7 million $ cette année, puis améliorer son espace riverain les années suivantes. Il considère aussi que le Centre J.-K.-Irving aura besoin de travaux d’entretien au cours des prochaines décennies.

«Il faut que tu penses à l’ensemble de la municipalité et le bien de la municipalité dans 10, 15 ou 20 ans. Si tu ne penses pas à l’avenir à long terme, tu peux te retrouver mal pris. Il peut y avoir un imprévu quelconque et là il faut que tu le paies avec de l’argent que tu n’as pas.»

En plus des hausses de taxes des deux dernières années, la ville de Bouctouche avait réduit sa masse salariale et avait éliminé ses subventions aux organismes de la communauté.

Les contributions, dont la somme annuelle de 20 000$ au Pays de la Sagouine, ont été restaurées. De plus, la municipalité réévalue ses besoins au niveau des employés. Le conseil considère l’embauche de personnel pour les travaux publics ainsi que pour les eaux et égouts.