Drogue: une morte et au moins cinq surdoses en deux semaines à Burnt Church

La communauté micmaque d’Esgenoôpetitj, à Burnt Church, près de Néguac, est aux prises avec des sérieux problèmes reliés à la drogue. Tellement que le conseil de bande songe à prendre les grands moyens pour s’attaquer aux revendeurs.

Une analyse de Santé Canada a permis de confirmer que des comprimés saisis par la GRC dans la Première Nation d’Esgenoôpetitj contenaient du fentanyl.

Depuis le 10 avril, cinq personnes de la collectivité ont été hospitalisées à la suite de ce que la police croit être des surdoses de fentanyl. La GRC soupçonne une autre surdose, mais la personne n’est pas allée à l’hôpital.

Dans un des cas, des membres de la GRC ont administré du naloxone à un homme qui semblait faire une surdose. Le naloxone aurait fait rétrocéder les effets de la drogue, explique la GRC dans un communiqué.

La police continue d’enquêter sur le décès d’une femme âgée de 35 ans, de la Première Nation d’Esgenoôpetitj, survenu le 11 avril.

Un des comprimés d’environ un centimètre de diamètre qui ont été saisis était bleu et portait la mention «Percocet 5».

Par ailleurs, de plus en plus de communautés des Premières Nations au Nouveau-Brunswick songent à bannir de leur territoire les revendeurs de drogue afin de lutter contre le fléau des surdoses souvent mortelles.

Léo Bartibogue, un conseiller en toxicomanie dans la communauté micmaque d’Esgenoôpetitj, soutient que le village compte de 30 à 40 revendeurs de drogue. Or, il est difficile d’arrêter de consommer lorsque l’offre est aussi abondante, rappelle-t-il.

M. Bartibogue assistait lundi dans sa communauté aux funérailles d’une femme âgée de 35 ans qui serait morte d’une surdose de fentanyl – un opioïde synthétique qui peut être de 50 à 100 fois plus puissant que la morphine.

La police a précisé que l’autopsie avait conclu à une surdose, mais on ne sait pas encore de quelle drogue – on attend les résultats des analyses toxicologiques réalisées par Santé Canada.

M. Bartibogue se réjouit que le conseil de bande ait suggéré l’adoption d’une résolution qui bannirait les revendeurs de drogue, comme l’ont fait deux autres communautés des Premières Nations au Nouveau-Brunswick – les Micmacs Elsipogtog et les Malécites de Tobique.

Le chef de Tobique, Ross Perley, explique qu’en vertu de la résolution adoptée la semaine dernière, quiconque serait accusé de trafic de drogue n’aurait plus accès aux services et avantages offerts par la communauté dans les secteurs de l’emploi, de l’aide sociale, du logement ou des redevances.

Par contre, certains remettent en cause la constitutionnalité de telles résolutions.