Fromagerie au fond des bois: une saison «foutue» en raison du verglas

L’avenir de la Fromagerie au fond des bois, seule fromagerie de chèvre de la province, semble incertain. La tempête de verglas qui a frappé l’est de la province à la fin janvier a bouleversé la production de la ferme située dans la région de Kent, provoquant de graves pertes.

Didier Laurent, propriétaire de la fromagerie de Rexton, a lancé une campagne de sociofinancement afin de sauver sa ferme.

La Fromagerie au fond des bois a près de 200 chèvres, dont à peu près 50 chevreaux. – Acadie Nouvelle: Jean-Marc Doiron

L’homme d’origine belge a vu sa propriété plongée dans le noir pendant sept jours après la tempête de verglas. Sans courant électrique pour alimenter l’équipement automatisé de la ferme, ses chèvres n’ont pas été traites pendant une semaine.

Ce fait peut sembler anodin, mais pour un chevrier, c’est une catastrophe. Quand une chèvre n’est pas traite pendant une certaine période, elle réduit sa production de lait. En temps normal, les chèvres de M. Laurent produisent presque 200 litres de lait par jour. Elles n’en produisent plus que 30.

«Quand on ne trait pas les chèvres, elles réduisent leur production automatiquement. Une fois qu’on a de nouveau l’électricité, c’est trop tard. Elles ne récupèrent pas ce qu’elles ont perdu», explique celui qui possède environ 200 chèvres, dont 50 chevreaux.

«Vu qu’on ne les a pas traites pendant 7 jours, elles ont perdu 80% de leur production. Elles ne récupéreront pas leur production avant les prochaines naissances, dans 4 ou 5 mois. Toute notre saison est foutue.»

M. Laurent estime ses pertes à 300 000$. Il ne sera pas en mesure de vendre du fromage à plusieurs clients, dont des épiceries et des restaurants. Son fromage sera seulement disponible dans les marchés de fermiers, dont ceux de Dieppe, de Fredericton, de Saint-Jean et de Beresford.

«Chaque semaine, j’ai de nouveaux clients, de nouveaux restaurants qui veulent avoir du fromage, mais je dois leur dire que ce n’est pas possible cette année.»

L’équipement utilisé pour traire les chèvres de la Fromagerie au fond des bois est tombé en panne pendant une semaine après la tempête de verglas. Le phénomène cause des centaines de milliers de dollars en pertes de revenus. – Acadie Nouvelle: Jean-Marc Doiron

En plus de provoquer une panne d’électricité, la tempête a bloqué la route menant à la ferme de M. Laurent. Il n’a donc pas été en mesure de s’apprivoiser en nourriture pendant plusieurs jours. La panne a également touché la pompe à eau utilisée pour abreuver ses ruminants.

Le chevrier a donc puisé dans ses réserves de foin afin de nourrir ses animaux. Il a brisé la glace d’une rivière près de son terrain afin que le troupeau puisse boire.

Malgré ses efforts, il a perdu une dizaine de chèvres.

M. Laurent a déposé un dossier devant l’Organisation des mesures d’urgence du N.-B. afin de tenter d’obtenir un soutien financier. Le 31 janvier, le premier ministre Brian Gallant avait annoncé un programme d’aide financière en cas de catastrophe pour les dommages attribuables à la tempête de verglas.

«On dépend du Service des mesures d’urgence et de la patience des banques. Le problème avec le gouvernement, c’est que ça peut prendre six mois. Six mois, ce serait un peu trop long pour nous.»

En parallèle à sa demande, M. Laurent a lancé une campagne de sociofinancement sur le site Internet gofundme.com (www.gofundme.com/4e2vm6-save-the-goats). Sur cette page, il mentionne que sa famille attend des jumelles en mai.