Policier d’Edmundston accusé d’agression sexuelle

Un policier d’Edmundston se retrouve au banc des accusés pour avoir empoigné la fesse d’une femme lors d’une soirée entre amis. Le juge Jacques Desjardins devra trancher s’il a commis ou non un geste de nature sexuelle.

Le procès du policier Marc Bouchard s’est déroulé mercredi en Cour provinciale à Edmundston. Il fait face à une accusation d’agression sexuelle. Un interdit de publication empêche de dévoiler le nom de la victime et du même coup certains détails importants reliés à ce dossier.

L’incident impliquant le policier Bouchard s’est produit en novembre 2015. Il reconnaît avoir empoigné la fesse de la plaignante lors d’une accolade de fin de soirée au terme d’une rencontre festive entre amis.

Ce n’est que trois mois plus tard que la victime a déposé sa plainte à l’égard du policier Bouchard qui est suspendu depuis le début de l’enquête à son endroit.

Durant son témoignage lors de son procès, le policier Bouchard a reconnu que son geste était maladroit. Il est d’avis que la boisson a peut-être joué un rôle dans son comportement. Selon lui, il s’agissait avant tout d’un touché anodin sans aucune arrière-pensée. Il a reconnu avoir effectué le même touché auprès de deux autres femmes présentes à ce moment.

Si elle a attendu avant de porter plainte, la victime a laissé entendre qu’elle craignait les réactions du public puisque la cause concerne un policier. Elle a expliqué qu’elle avait déjà été impliquée dans des procédures judiciaires par le passé et qu’elle était hésitante à revivre le même sort.

L’avocate de la défense, Me Jocelyne Moreau-Bérubé, a fait remarquer que la plaignante et l’accusé ont eu des échanges par l’entremise de Facebook le lendemain de cette soirée entre amis et qu’aucun commentaire sur le geste n’a été fait.

Me Moreau-Bérubé a évoqué le fait qu’un conflit professionnel entre l’accusé et le conjoint de la victime pourrait être à l’origine du dépôt de la plainte.

«On parle d’un geste qui n’a duré que quelques secondes et qui n’a pas porté atteinte à l’intégrité sexuelle de la plaignante. Ce n’est pas une agression sexuelle, mon client n’a pas dit de paroles compromettantes et n’en a jamais retiré de satisfaction sexuelle personnelle», a-t-elle dit lors de sa plaidoirie.

Le procureur de la Couronne, Me Pierre Gionet, soutient que le geste n’a duré que quelques secondes parce que la plaignante a fui cette situation qui a créé un malaise.

«Elle a été très affectée par cet incident. Elle s’est sentie comme un morceau de viande que l’on tâte. On se retrouve devant un cas où l’accusé ne perçoit pas que ce qu’il a fait est mal, un geste qu’il attribue à sa consommation de boisson durant la soirée. Blâmer l’alcool n’est pas une défense en soi», a souligné Me Gionet.

Le juge Jacques Desjardins rendra sa décision le 10 mai. Il devra trancher si certains documents déposés en preuve, des retranscriptions à partir des médias sociaux, sont véridiques ou s’ils ont été forgés.